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117AS/1-117AS/65

Fonds du Droit humain (Ordre maçonnique mixte international et Fédération française)

Répertoire numérique de la sous-série 117AS (117AS/1-117AS/65)
1778-1980
Etabli par Raphaël Baumard, chargé d'études documentaires
2013
Archives nationales
(Pierrefitte-sur-Seine)
Français

Scope and content

Le fonds décrit dans cet inventaire et coté 117AS rassemble les archives de l'Obédience maçonnique du Droit humain pour la période antérieure à la Seconde Guerre mondiale. Il constitue à ce titre une source précieuse tant sur l'histoire de la franc-maçonnerie (et en particulier sur l'évolution du rôle de la femme en son sein) que sur celle des mentalités et des formes de sociabilité de la première moitié du XXe siècle.

Un fonds, deux producteurs ?

L'histoire mouvementée des archives du Droit humain - liée à leur conservation à Moscou pendant plus de 50 ans (voir Historique de la conservationci-dessous) - appelle une courte explication sur l'intitulé exact de son producteur. Il semble en effet que le fonds 117AS mélange des documents produits par les instances internationales du Droit humain (le Conseil suprême, le Grand-maître, le secrétariat général entre autres, tous siégeant rue Jules Breton à Paris) et d'autres produits par sa Fédération française (structure regroupant les loges françaises du Droit humain, actuellement rue Pinel à Paris). Cette dualité - qu'aucun classement détaillé n'avait jamais vraiment permis d'isoler clairement - a probablement amené à quelques confusions (à son entrée aux Archives nationales, le fonds reçut même pour intitulé « Fédération du Droit humain International » !).

Dans les faits, la Fédération française n'ayant été créée au sein du Droit humain qu'en 1922 et une partie du fonds étant largement antérieure, il est assez évident qu'une bonne part des documents ne peut relever que de l'Obédience (instances internationales). En témoignent la plupart des entêtes et des expéditeurs ou destinataires. C'est du moins le cas pour la partie la plus administrative du fonds (117AS/1-35), au sein de laquelle seules quelques liasses sont celles de la Fédération française (elles ont été distinguées comme telles dans l'inventaire : voir 117AS/25-28).

En revanche, et c'est probablement la raison pour laquelle avant d'être confié aux Archives nationales le fonds était intégralement conservé rue Pinel, la totalité des dossiers consacrés aux loges (dernière partie de l'inventaire, 117AS/36-57) relève elle de la Fédération française. Il n'existe aucun dossier consacré à une loge en dehors de la France et de ses anciennes colonies (exceptée l’Égypte, mais une circulaire de 1926 avait rattaché les loges égyptiennes à la Fédération française). Les intitulés des entêtes et destinataires viennent là aussi confirmer ce principe. Bien sûr il n'est toutefois pas à exclure que des mélanges aient également été opérés pour cette partie du fonds et que quelques papiers issus du Suprême conseil s'y soient retrouvés (de même il est possible que la Fédération française ait récupéré à sa création en 1921 une partie des papiers issus de l'Obédience pour mieux assurer le suivi des dossiers en cours).

Organisation interne du fonds

Le classement du fonds du Droit humain conservé par les Archives nationales a permis de mettre à jour trois ensembles de documents relativement distincts par leur nature (en plus d'un bref dossier sur la fondation de l'Obédience, voir 117AS/1).

La première partie (117AS/2-24) correspond aux archives de l'Ordre lui-même (instances internationales de l'Obédience). Bien qu'incomplète, elle permet de couvrir une grande partie de ses activités : séances du Suprême conseil, correspondance générale des grands-maîtres et secrétaires généraux, tenue des convents internationaux, relations entretenues par l'Obédience avec des structures maçonniques ou de la société civile, suivi des membres, archives de gestion (immobilier, comptabilité). Quelques éléments de documentation historique (pièces antérieures à la création du Droit humain) terminent cette partie.

Les archives des « fédérations nationales » constituent le deuxième ensemble au sein du fonds (117AS/25-35) : on distinguera ici les documents de la Fédération française, qui semblent clairement être les papiers produits et reçus directement par cette instance, de ceux des fédérations hors de France, où on n'a guère que la correspondance entretenue par les instances internationales de l'Obédience avec ces fédérations.

Enfin le fonds se termine avec les activités des ateliers de la Fédération française (117AS/36-65) : dossiers de suivi des loges et ateliers de hauts-grades (classés par ordre numérique) et collection de planches et rapports (fédérations française et belge).

Période chronologique couverte

Les dates extrêmes sont comme souvent peu représentatives du fonds lui-même : si 1778 est bien la date du plus ancien document (une esquisse des travaux d'adoption de la loge « La Candeur »), celui-ci ne doit être considéré que comme un élément de documentation conservé au sein d'un fonds qui commence véritablement avec la création du Droit Humain en 1893. L'immense majorité des documents couvre la première moitié du XXe siècle (avec une prédominance pour les années 1920-1930). Quant aux documents postérieurs à 1940, ils sont extrêmement rares et semblent avoir été ajoutés par la Commission d'histoire du Droit humain quand elle a travaillé sur le fonds dans les années 2000.

Intérêt du fonds et perspectives de recherches

Le fonds du Droit humain constitue une source inédite sur nombre de sujets d'études. Il documente bien évidemment l'histoire du Droit humain en tant que tel, dans toutes ses évolutions, ses contradictions internes ou les aspects les plus concrets de sa gestion. Mais au-delà de cette histoire proprement maçonnique, ce fonds est aussi une porte ouverte sur les mentalités et les idéaux d'une partie de la population, qu'il reste à cerner et dont toutes les planches ou rapports des questions à l'étude des loges se font le reflet.

Les contours d'une sociabilité particulière, développée par les membres du Droit humain, sont également à prendre en compte, que ce soit dans les formes de rituels ou de fraternité qu'ils pratiquent ou dans les relations qu'ils entretiennent avec les autres maçons (non mixtes) et la société civile. La participation du Droit humain au mouvement pacifiste est un exemple parmi d'autres de l'implication des maçons dans les débats politiques qui agitent la première moitié du XXe siècle. On notera pour finir la richesse des "dossiers des ateliers", qui ouvrent des perspectives de connaissance sur plus d'une centaines de loges ou chapitres en France (et dans ses anciennes colonies) : la vie des ateliers et leurs travaux se laissent ainsi découvrir au plus près des frères et des soeurs qui les ont fréquentés.

Records creator's history

L'Ordre maçonnique mixte international du Droit humain est institué en tant qu'obédience maçonnique en 1893. Fondé par Maria Deraismes et Georges Martin il porte d'abord le nom de « Grande Loge symbolique écossaise mixte de France : Le Droit humain ». Sa raison d'être tient alors dans un mot : « mixité » ; il s'agit, en cette fin du XIXe siècle, de la seule instance maçonnique en France et même dans le monde à accepter les femmes au même titre et surtout à pied d'égalité avec les hommes.

Origines et mixité

La naissance du Droit humain doit se replacer dans le contexte de la franc-maçonnerie de la fin du XIXe siècle, encore exclusivement masculine. Les loges maçonniques, importées en France pendant le siècle des Lumières, s'alignent en cela sur la pratique de tous les pays sans exception. Certes la franc-maçonnerie française et notamment son obédience la plus emblématique, le Grand Orient, s'étaient voulu plus libérales, avec la création d'un rite propre et l'abandon de la référence au Grand architecte de l'univers, rompant ainsi avec la plupart des obédiences étrangères. Elle n'avait pas été jusqu'à s'ouvrir aux femmes pour autant, se contentant d'un soutien extérieur à la cause féministe. C'est cette tradition ou ce tabou que brisent en 1882 les frères de la loge « Les Libres penseurs » (située au Pecq, Yvelines et affiliée à la « Grande loge symbolique écossaise », obédience disparue depuis) en initiant Maria Deraismes, journaliste et militante féministe.

Cette initiation, non reconnue par les obédiences maçonniques préexistantes, va être le moteur de la création du Droit humain en tant qu'obédience indépendante revendiquant la pratique de la mixité. La création d'une nouvelle obédience prend néanmoins dix ans et ce n'est qu'en 1893 qu'est actée la fondation du «  Droit humain » (son intitulé même marque le refus de l'emploi de l'exclusif « homme », étant en cela précurseur de certaines revendications lexicales des mouvements féministes). Le principe de mixité fut longtemps l'exclusivité du Droit humain : si la Grande loge de France a accepté en son sein à partir de 1906 des « loges d'adoption » réservées aux femmes, le principe relevait beaucoup plus d'une « ségrégation » féminine, confirmée d'ailleurs en 1945 par la constitution de ces loges d'adoption en une obédience indépendante strictement féminine (la future Grande loge féminine de France). L'ouverture du Grand Orient de France (première obédience maçonnique française tant sur le plan historique que pour le nombre de ses membres) aux femmes en 2010, avec la possibilité offerte aux loges et à la discrétion des frères, d'initier des femmes confirmera définitivement la voie amorcée par le Droit humain... plus d'un siècle auparavant.

Objectifs et organisation

Les objectifs poursuivis par le Droit humain, en dehors de ce particularisme fondateur qu'est la mixité, ne diffèrent guère des autres obédiences maçonniques. Les frères et sœurs qu'elle fédère affichent comme motivation essentielle une forme de perfectionnement intellectuel qui passe par l'application d'un certain nombre de rituels (présidant aux initiations, au déroulé des réunions appelées « tenues », etc.) et l'utilisation de nombreux symboles et outils. Ses thèmes de réflexion sont divers, tournées vers la société civile ou l'étude plus approfondie de formes de symbolismes. Selon sa constitution générale, « respectueux de la laïcité, de toutes les croyances relatives à l'éternité ou à la non éternité de la vie spirituelle, ses membres cherchent, avant tout, à réaliser sur la terre et pour tous les humains le maximum de développement moral, intellectuel et spirituel, condition première du bonheur qu'il est possible à chaque individu d'atteindre dans une Humanité fraternellement organisée ».

Comme toute obédience maçonnique, le Droit humain regroupe des « ateliers » qui lui sont affiliés et dont le vocable change (loges dites « bleues », loges de perfection, chapitres, aréopages...) suivant le grade des maçons qui en sont membres. Tout le « travail » maçonnique s'opère dans ces ateliers : initiations, cérémonies, présentations et discussions de « planches » (exposé d'un franc-maçon sur un thème donné), débats, etc. (pour plus de précisions sur les différents termes propres au vocable maçonnique, se référer au glossaire en annexe). L'Obédience offre donc un rôle d'animation, de réglementation et d'administration générale de ces loges. Les convents annuels (assemblées générales de l'association) sont le lieu des grandes décisions, on y choisit notamment les thèmes à aborder pendant l'année, on y présente les conclusions des frères et sœurs sur les « questions à l'étude ». L'administration centrale de l'Obédience est chargée de mettre en œuvre ces décisions : elle siège à Paris, au 5 rue Jules Breton, dans un immeuble à l'étonnante façade néo-égyptienne, légué par Georges Martin lui-même.

Le Droit humain est régi par un fonctionnement démocratique : juridiquement, il constitue une association loi 1901. L'Ordre international est coiffé par un « Suprême conseil », équivalent d'un conseil d'administration : il est dirigé par le « Très puissant souverain grand commandeur », plus souvent et plus simplement appelé « grand maître ». L'une des particularités du Droit humain réside d'ailleurs dans l'existence d'un seul conseil ayant pouvoir sur la totalité des « grades maçonniques » : dans la plupart des autres obédiences maçonniques, la direction des loges « bleues » (trois premiers grades : apprenti, compagnon, maître) et celle des « hauts grades » sont distinctes ; il s'agit là d'une volonté claire du fondateur de l'Ordre, Georges Martin.

Bien qu'essentiellement implantée en France (où se trouve toujours le siège de l'Obédience, et dont est issue la majeure partie de ses membres), le Droit humain poursuit dès son origine une vocation internationale. L'existence de « fédérations nationales » en témoigne, véritable échelon intermédiaire entre les loges et les instances internationales. Celles-ci sont apparues, non sans réticences, dans la première moitié du XXe siècle, avec en 1908 la Fédération américaine (sous l'impulsion notamment de Louis Goaziou) et en 1922 son pendant français. La Fédération française rassemble ainsi toutes les loges de France, auxquelles s'applique un Règlement général, que seuls peuvent modifier les frères et sœurs réunis en « Convent national ». Le pouvoir exécutif est partagé par un Conseil national (pour les loges bleues) et un Aréopage national (pour les hauts grades).

Évolution historique (XXe siècle)

Les premières années du Droit humain sont marquées par l'essor assez rapide de l'Obédience, avec la création de loges en province (Blois, Lyon, Rouen) et même en Suisse, à Zurich. Ce développement va de pair avec la mise en place progressive des institutions citées plus hauts : le Suprême conseil est officialisé en 1901, et en 1921 a lieu le premier convent international. C'est seulement à cette date que le Droit humain se dote d'une « constitution internationale ».

La reconnaissance du Droit humain par les autres obédiences maçonniques - masculines pour l'essentiel - va constituer jusqu'aux années 1930 l'un des enjeux essentiels et récurrents agitant le Suprême conseil et les instances dirigeantes de l'Obédience, comme le prouvent les quelques dossiers du fonds qui y sont consacrés.

Durant l'entre-deux-guerres, outre l'ouverture de nouveaux ateliers et la diffusion à l'étranger du principe de mixité en franc-maçonnerie (qui restent, toutes périodes confondues, l'un des moteurs de l'association), le Droit humain concentre ses préoccupations sur l'émergence du fascisme et la défense de la paix. Pour toute cette période, six grands maîtres se succèdent (correspondant à l'intervalle de temps couvert par le fonds présenté dans cet inventaire) :

1893-1894 : Maria Deraismes

1894-1914 : Marie-Georges Martin (épouse de Georges Martin, fondateur)

1914-1918 : Marie Bonnevial

1919-1928 : Eugène Piron

1929-1934 : Lucien Levi

1934-1947 : Henri Petit

Comme pour toutes les obédiences maçonniques françaises, la Seconde Guerre mondiale est une période noire : le Droit humain est interdit dès 1940 par le régime de Vichy, ses membres sont pour certains persécutés (quelques-uns intégreront les rangs de la Résistance), ses archives sont pillées par les Nazis en 1941.

La Libération marque une période de reconstruction pour l'Obédience, sortie évidemment affaiblie de la guerre. Pendant la seconde moitié du XXe siècle (qui n'est absolument pas abordée dans le fonds), l'Ordre est assez peu concerné par les différents scandales, affaires ou polémiques impliquant des francs-maçons qui émaillent l'actualité et font la joie d'une certaine presse : le faible nombre de ses adhérents (en comparaison des autres obédiences) semble avoir fait du Droit humain une obédience relativement tranquille et discrète. Elle compte néanmoins encore aujourd'hui un peu plus de 28 000 membres et est présente dans 50 pays.

Archival history

Un des fonds dits « de Moscou »

Les archives présentées dans cet inventaire constituent ce qu'il est convenu d’appeler le « fonds de Moscou » du Droit humain. Ce fonds fait partie d'un ensemble beaucoup plus vaste d'archives pillées sous l'Occupation et demeurées pendant presque 50 ans à Moscou avant d'être rendues à leurs légitimes propriétaires. On compte parmi les bénéficiaires de ces restitutions, outre l'Ordre maçonnique mixte international du Droit humain d'autres obédiences, tel le Grand Orient de France, mais également le ministère de l'Intérieur (pour le fichier de la Sûreté générale), des syndicats (la CGT par exemple), des partis ou encore les ayants-droits d'hommes politiques (Georges Mendel), d'intellectuels (Marc Bloch), d'écrivains...

La totalité de ces fonds avaient été volés en France par les Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale (en octobre 1941 pour ce qui est du Droit humain), considérés comme des trophées de guerre et pillés pour leur intérêt supposé : connaissance des éléments indésirables et subversifs au sein de la population française, espionnage. La rationalité de ces saisies est d'ailleurs à nuancer fortement : les Allemands recherchaient aussi la trace de complots supposés ou de « secrets » ésotériques maçonniques, avec tous les fantasmes et mythes qui y étaient associés.

Ces archives, constituées aussi bien de documents publics que privés, sont transportées pour pouvoir y être exploitées dans le Reich allemand, d'abord à Berlin puis dans plusieurs châteaux de l'actuelle République tchèque, notamment au château d'Althann en Silésie. Elles sont ensuite saisies par l'Armée rouge au cours de son avancée et de la libération des territoires occupés, et rapatriées – dans le plus grand secret – dans un bâtiment spécifique des Archives centrales spéciales de l’État, situé dans la banlieue de Moscou.

Elles seront alors conservées et classées par des archivistes soumis au secret : l'exploitation qui a pu en être faite demeure assez mystérieuse. Peut-être les informations nominatives ont-elles été utilisées dans le cadre de la Guerre froide dans des chantages plus ou moins directs : on pourra toutefois en douter au vu du classement extrêmement sommaire et hétérogène de ces archives, qui devait rendre très difficile une telle utilisation (on songera par exemple – pour ce qui est du Droit humain – que les fiches matricules des membres de l'Obédience n'étaient pas même regroupées ni organisées). Les archives « russes » ont également, pour certaines d'entre elles, fait l'objet de « cadeaux », notamment au général de Gaulle en 1966 lors de sa rencontre avec Khrouchtchev.

Il faut attendre la chute de l'URSS pour voir les fonds restitués à leurs propriétaires légitimes : commencés dès 1994, les transferts s'achèvent pour l'essentiel en 2000 après avoir été bloqués quelques années durant par la Douma.

La conservation après 2000

Une fois restituées au Droit humain, les archives sont conservées par l'Obédience dans ses locaux propres, rue Pinel à Paris. Le fonds fait alors l'objet d'un reclassement partiel pour une première exploitation historique par la Commission d'histoire de la Fédération française du Droit humain. Ces nouvelles sources offrent un matériau inédit, largement étudié, et qui permet la publication de nombreux numéros des Cahiers de la commission d'histoire. Pendant ces quelques dix ans, quelques documents postérieurs à 1940 sont, semble-t-il, intégrés au fonds.

Le Droit humain dépose la totalité du fonds aux Archives nationales en 2011.

Appraisal

Il n'a été procédé à aucune élimination au sein du fonds.

Source of acquisition

Dépôt, 2011.

System of arrangement

La sous-série 117AS telle qu'elle se présente aujourd'hui est le résultat de multiples classements, déménagements, désordres et reclassements. L'ensemble n'a donc probablement plus grand chose à voir dans son organisation même avec ce qu'il a pu être à la fin des années 1930, avant son pillage (voir Historique de la conservationci-dessous).

On considérera également qu'il s'apparente pour de très nombreux dossiers à un « reliquat » : les séries de correspondances apparaissent par exemple incomplètes, voire extrêmement lacunaires tout comme manquent de nombreux dossiers de loges, des exemplaires du Bulletin, ou des années entières pour les convents.

L'opération de classement menée en 2013 a consisté à vouloir rendre une cohérence globale au fonds sans prétendre rétablir un état originel désormais perdu. Une partie même du désordre du fonds constitue en soi un témoin des tourments de la franc-maçonnerie sous l'Occupation et il eut été dommage d'occulter de façon définitive cette histoire. Quand cela a été possible et quand elles avaient été préservées, les pochettes « russes » (mentions en alphabet cyrillique) ont donc été conservées, côtoyant les annotations et les nouvelles pochettes établies par la Commission d'histoire pendant les années 2000.

De façon générale si ce nouvel inventaire s'efforce d'organiser les différents cartons et pochettes selon l'organisation fonctionnelle du Droit humain, la répartition des documents à l'intérieur même des pochettes ou des liasses est sans doute moins établie, restant pour l'essentiel le reflet de l'histoire du fonds, et de ses différentes strates de classement. En effet sauf pour les pièces nécessitant un réelle organisation à la pièce (correspondance par ordre chronologique ou par destinataire, fiches nominatives par ordre de matricule, etc.), l'état des « dossiers d'affaire » est de façon générale resté « dans leur jus » (à supposer d'ailleurs qu'ils aient jamais eu un ordre plus établi que la simple accumulation de documents).

La numérotation des pages présente au crayon de papier sur la quasi-totalité des documents a été effectuée par les archivistes soviétiques et témoigne de l'ordre des documents tels que classés par les Russes. On pourra constater au fil du fonds à quel point ce premier ordre était à peu près sans aucun sens, et aussi l'ampleur du reclassement opéré depuis par la Commission d'histoire du Droit humain et les Archives nationales, qui a rendu cette numérotation caduque et sans objet dans la plupart des cas.

Conditions governing access

Communication soumise à l'autorisation du déposant.

Conditions governing reproduction

Reproduction soumise à l'autorisation du déposant.

Related material

Pour un premier aperçu des différents fonds maçonniques conservés en France, on consultera utilement le Catalogue des manuscrits maçonniques des bibliothèquesde Jacques Léglise (voir bibliographie) : l'ouvrage n'a malheureusement jamais été remis à jour. Le fonds maçonnique (XVIIIe - XXe siècles) de la Bibliothèque nationale de France constitue également une référence de choix : les archives anciennes du Grand Orient de France y sont en partie conservées.

Concernant les Archives nationales proprement dites, deux types de sources peuvent y être étudiées :

  • Archives maçonniques privées :

- AB/XIX/4181. Papiers maçonniques de Brueys d'Aigalliers. 1765-1778.

- AB/XIX/5000. Loge maçonnique d’adoption de Saint-Jean de la Candeur : comtes-rendus des séances (1 registre, 103 p.). 21 mars 1775-13 janvier 1785.

- AB/XIX/5199. Grand Orient de France : procès-verbaux des tenues de la loge « L'Avenir ». 1880-1892, 1896-1898.

- 3AS/1-3AS/38. Fonds de l'Ordre moderne du Temple. 1705-1857.

  • Archives policières témoignant de la surveillance de la franc-maçonnerie :

- F/7/6684-6689 et 6694-6701. Affaires politiques : sociétés secrètes et loges maçonniques (classement par département). 1815-1836

- F/7/12236. Association maçonnique dans le Morbihan. 1844.

- F/7/12362. Caisse de retraite maçonnique de la loge des "Amis de la vérité". Lyon. 1890-1901.

- F/7/12366. Association antimaçonnique de France. Paris. 1904.

- F/7/14944. Loges maçonniques et lutte antimaçonnique : correspondance, notes, listes des membres du Grand Orient de France et de la Grande loge de France. 1891-1944.

- F/7/15663-15665. Liquidation des biens des loges maçonniques sous l'Occupation. 1940-1944.

Publication note

La bibliographie sur la franc-maçonnerie est pléthorique et plusieurs bibliothèques spécialisées existent dans ce domaine (en particulier celle du Grand Orient, rue Cadet à Paris). Ne sont présentés ici que les ouvrages de référence ainsi que les quelques études se rapportant directement au fonds.

Sur les fonds de Moscou et les archives maçonniques :

  • COEURÉ (Sophie),La mémoire spoliée. Les archives des Français, butin de guerre nazi puis soviétique, Paris, Éditions Payot & Rivages, 2013 (2e édition), 384 p.
  • LÉGLISE (Jacques),Catalogue des manuscrits maçonniques des bibliothèques publiques de France, Paris, éditions SEPP, Paris, 1984 et 1988, deux tomes de 148 p. et 147 p.
  • MOLLIER (Pierre), « Paris-Berlin-Moscou. Les archives retrouvées. », L'Histoire, n°256, juillet-août 2001, p. 78-82.

Sur la la franc-maçonnerie :

  • COMBES (André),Les trois siècles de la Franc-maçonnerie française, Paris, Dervy (coll. « Bibliothèque de la Franc-maçonnerie »), 2007 (4e édition), 261 p.
  • DACHEZ (Roger),Histoire de la franc-maçonnerie française, Paris, PUF, collection « Que sais-je », 2006 (3e édition), 127 p.
  • GARNIER (Éric),Les grandes obédiences de la franc-maçonnerie française : histoire, structure, initiation, grades, Paris, De Vecchi, 2006, 125 p.
  • LIGOU (Daniel) (dir.).,Dictionnaire de la franc-maçonnerie, Presses Universitaires de France, Paris, 2006 (réédition), 1257 p.
  • NAUDON (Paul),Histoire générale de la franc-maçonnerie, Paris, Charles Moreau, 2004, 251 p.

Sur l'obédience "Le Droit humain" :

  • HIVERT-MESSECA (Gisèle et Yves),Comment la Franc-maçonnerie vint aux femmes. Deux siècles de franc-maçonnerie d'adoption, féminine et mixte en France, Dervy (coll. « Bibliothèque de la Franc-maçonnerie »), Paris, 2003, 340 p.
  • PRAT (Andrée),L'Ordre maçonnique, le Droit Humain, collection « Que sais-je », n° 3673, Paris, PUF, 2003, 128 p.
  • PRAT (Andrée) (dir.),Regards sur Maria Deraismes. La liberté de pensée, Paris, Fédération française du Droit humain, 2010, 159 p.
  • http://www.droithumain-france.org/contenu/identite-histoire/histoire/les-grandes-figures/histoire-du-droit-humain (historique complet du Droit humain), page consultée le 27 août 2013

Publications du" Droit humain" :

On consultera utilement les différentes publications de l'Obédience, dont certaines portent directement sur l'histoire ou les grandes figures de l'Ordre.

  • Annuaire de l'Obédience maçonnique mixte internationale "Le Droit Humain", Paris, 1922, 84 p.
  • Bulletin trimestriel[puis mensuel]de la franc-maçonnerie mixte en France et à l'étranger, publié depuis 1895 (pas de numéros entre 1914 et 1917).
  • Cahiers de la Commission d'histoire, revue éditée par la Fédération française du Droit humain depuis 1999 (sans périodicité précise).
  • Commémoration du centenaire du Droit humain : tenue de clôture du convent 1993, Ordre maçonnique mixte international Le droit humain, Fédération française, Paris, 1996, 33p.
  • Comptes rendus analytiques des convents, Paris, 1907-1938.
  • Constitution de la Grande Loge symbolyque écossaise de France "le Droit humain", Paris, 1933, 16 p.
  • Obsèques de la Soeur Marie Georges Martin, à Paris, le 15 novembre 1914, Paris, impr. Richard, [1914], 22 cm
  • Règlement général de l'Ordre maçonnique mixte international "le Droit humain", Paris, impr. de L. Clercx, 1931, 43 p.
  • Règlements généraux de la Fédération française du Droit Humain, Paris, 1928, 79 p.
  • Rituel : cérémonial de réception, installation d'atelier, installation des officiers, initiation au 1er degré, banquet d'ordre, pompes funèbres, Paris, impr. Clercx, 1928, 62 p.
  • Rituel des trois premiers degrés symboliques, remis par le Suprême conseil à la loge ouverte à l'orient de Poitiers le 28 septembre 1924, 71 p.

Extent

7.50 mètres linéaires (57 boîtes d'archives)

Keywords

Subjects:

franc-maçonnerie

Language of the material

Français

Records creator

Content provider

Archives nationales de France

Place of use

Pierrefitte-sur-Seine
1 - 4 / 4
  • 1
117AS/1-117AS/65 - 117AS/1 FONDATION.
117AS/1-117AS/65 - 117AS/2-117AS/24 INSTANCES CENTRALES DE L'OBEDIENCE (FONCTIONNEMENT).
117AS/1-117AS/65 - 117AS/25-117AS/35 FEDERATIONS.
117AS/1-117AS/65 - 117AS/36-117AS/65 ACTIVITES DES ATELIERS ET TRAVAUX DES FRANCS-MACONS.