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667AP/1-667AP/150

Fonds Jean Zay

Répertoire numérique détaillé (667AP/1-667AP/150)
Par C. Piketty et E. Landgraf
2010
Archives Nationales

Scope and content

INTRODUCTION

« La vie sous toutes ses formes m'enchante [NOTE Entretien accordé par Jean Zay le 10 février 1937 à Emmanuel Berl et Jean Nohain. Voir 667 AP 56, dossier 2.] ».

I. LA VIE DE JEAN ZAY

Il n'est pas question ici de retracer la vie de Jean Zay (6 août 1904-20 juin 1944), car il s'agit d'un homme sur lequel de nombreux historiens ont travaillé depuis le début des années soixante. En revanche les aspects moins connus de sa personnalité seront présentés pour faciliter la compréhension des papiers que viennent de donner aux Archives nationales ses deux filles, Catherine Martin-Zay et Hélène Mouchard-Zay.

La première approche biographique de Jean Zay est réalisée par Marcel Ruby : sa thèse d'État, soutenue sous la direction de Jacques Droz en 1967, est publiée sous le titre de La vie et l'œuvre de Jean Zayen 1969 [NOTE Voir Marcel Ruby,Paris, Impr. Beresniak, Marcel Ruby éd., 1969.] . Marcel Ruby retrace la vie trop courte d'un homme qualifié par Jean Cassou comme « le dernier ministre de l'intelligence française [NOTE Jean Cassou, première préface de Jean ZAY,, Paris, 1946.] », puis par Léon Blum comme le représentant de « la tradition [radicale] la plus ancienne et la plus pure, ... celle qui s'est toujours efforcée de fonder l'action sur une philosophie politique et de donner à la propagande la valeur d'un enseignement [NOTE , plaquette rassemblant les textes prononcés lors de l'hommage solennel rendu à Jean Zay, le 27 juin 1947, en présence du président de la République Vincent Auriol. Voir 667 AP 128, dossier 1.] ». Dans sa monographie, Marcel Ruby évoque la jeunesse orléanaise, les débuts comme avocat, les premières armes politiques dans le parti radical, les Jeunes Turcs, puis l'entrée au gouvernement de Jean Zay dès l'âge de trente-et-un ans, le 24 janvier 1936. Il dresse le bilan des activités et des réformes menées par Jean Zay à la tête du ministère de l'Éducation nationale et des Beaux-arts du 4 juin 1936 au 3 septembre 1939, date à laquelle il démissionne pour rester auprès des jeunes gens qu'il a servis pendant plus de trois ans et qui sont dorénavant mobilisés dans une guerre dont il ne verra pas l'issue.

L'intérêt majeur du travail de Marcel Ruby réside dans les témoignages qu'il rassemble à une époque où des personnes qui ont connu Jean Zay ou qui ont partagé son existence sont encore vivantes. En premier lieu son épouse Madeleine Zay, qui a reçu et renseigné Marcel Ruby avec une disponibilité totale, mettant à sa disposition les papiers de son mari qu'elle conservait précieusement dans sa maison familiale [NOTE À noter toutefois que les papiers sur lesquels travaillent Marcel Ruby et tous les historiens qui lui succèdent ne représentent que la moitié du fonds Jean Zay ici rassemblé. Voir plus loin, dans l'introduction, la partie relative à ces papiers.] . En second lieu, entre 1963 et 1966, Marcel Ruby est guidé dans ses recherches par Alfred Rosier, ancien chef de cabinet de Jean Zay [NOTE À partir du 1juillet 1937, en remplacement de Lucien Coudor.] et secrétaire de l'Association des Amis de Jean Zay et de Marcel Abraham [NOTE À l'époque des travaux de Marcel Ruby, cette association regroupe les amis de Jean Zay et ceux de son directeur de cabinet, Marcel Abraham (1898-1955).] . C'est ainsi que Marcel Ruby rencontre Vincent Auriol, René Berthelot, Béatrice Bretty, Pierre de Félice, Julien Cain, Édouard Herriot, Raymond Las Vergnas, Léon Martinaud-Déplat [NOTE Marcel Ruby donne, dans sa bibliographie, la liste des principales personnes avec lesquelles il s'est entretenu. Voir Marcel Ruby,., p. 480.] . Malheureusement ni les textes de ses entretiens ni ses notes de travail, qui seraient très précieux aujourd'hui, n'ont été conservés.

Depuis Marcel Ruby, de nombreux historiens ont frappé à la porte de la maison familiale [NOTE Sur les différentes maisons ou appartements de Jean Zay et de Madeleine Zay, voir plus loin, dans l'introduction, la partie relative aux papiers de Jean Zay. La maison familiale est située immédiatement au sud de la Loire, après le pont Georges V.] . Certains, comme Pascal Ory, ont focalisé leurs recherches sur le Front populaire, d'autres, comme Olivier Loubes ou Pierre Girard, ont tenté de s'approcher de la personne de Jean Zay [NOTE Voir Orientation bibliographique.] . En préfaçant la réédition de Souvenirs et solitude, c'est Antoine Prost qui non seulement livre la synthèse la plus accomplie de l'œuvre de Jean Zay, mais surtout brosse le portrait le plus juste d'« un homme attachant, éblouissant de talent, de finesse et d'intelligence, mais attentif et sensible, profond parfois, qui, victime d'une persécution totalement inique, vit cette injustice dans la sérénité du juste, au fil interminable des jours et des nuits de sa prison [NOTE Jean Zay,, Le talus d'approche, Le Roeulx, 2002. Antoine Prost signe la préface et présente le principal livre de Jean Zay avec des notes très précieuses. Il n'explicite ni les personnages éminents évoqués par Jean Zay, ni les simples figurants de ce récit, mais facilite la compréhension de ce texte en décrivant systématiquement toutes les lectures faites par Jean Zay durant sa captivité, ainsi qu'en confirmant l'exactitude des souvenirs relatés par Jean Zay.] ».

Au-delà de ces travaux historiques et monographiques, une personne c'est d'abord un milieu familial. Les parents de Jean Zay forment un couple mixte, son père Léon étant issu d'une famille juive de Lorraine [NOTE Voir Tableaux généalogiques. Tableau 1 sur la famille Zay.] , sa mère Alice, née Chartrain, appartenant à une famille protestante et beauceronne [NOTE Voir Tableaux généalogiques. Tableau 2 sur la famille Chartrain.] . Léon Zay est né à Orléans en 1874 d'une lignée que l'on remonte jusqu'au XVIIe siècle. Le plus ancien des ancêtres connus est Salomon Say vraisemblablement né en Lorraine dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Son fils Mayer Moïse prend le nom de Zay et épouse Mindle Halphen dont on ne sait pas grand-chose d'autre que le nom : leur fils Élie Moyse Zay naît en 1747 à Metz et épouse Rachel Winphen qui lui donnera un fils, Élias, Michel Zay, né à Metz en 1817. Cet Élias épousera d'abord Mélanie Cerf : de cette première union naissent des enfants dont la descendance a résidé longtemps dans la région lyonnaise. Il se mariera en secondes noces avec Hélène Lévy : de ce mariage naîtra Léon Zay à Orléans, car Élias a opté en 1872 pour la nationalité française [NOTE Voir Sources complémentaires : Archives nationales, BB503. Cette feuille d'optant est signée par Élias Zay à Orléans.] alors qu'il est installé à Orléans comme marchand forain. D'Hélène Lévy on peut penser qu'elle a encouragé les études de son fils, Léon devenant rédacteur au Progrès du Loiret, fondé à Orléans, rue des Carmes, à deux pas de la place du Martroi, en 1898, en pleine affaire Dreyfus [NOTE deviendraen 1927.] . Il en deviendra rédacteur en chef en 1906. Cet homme chaleureux, profondément attachant par ses écrits comme par sa physionomie, est d'une nature énergique et positive : radical, anticlérical, il participe très tôt à la vie politique locale en entrant au comité radical d'Orléans, fonde avec son beau-frère la section orléanaise de la Ligue des droits de l'homme, puis devient apprenti à la loge Étienne Dolet d'Orléans, enfin secrétaire général du conseil des prud'hommes d'Orléans. En 1902, il épouse Alice Chartrain, de cinq ans sa cadette, orléanaise, institutrice et musicienne.

Les Chartrain sont des beaucerons protestants qui seront très présents autour de Jean Zay enfant. D'abord parce qu'il s'agit d'une famille nombreuse et unie, réunissant souvent les Maingourd, les Rigal, les Hartmann, et bientôt les Zay [NOTE Voir Tableaux généalogiques. Tableau 2 sur la famille Chartrain.] , dans sa maison orléanaise de l'Ermitage, située rue du Parc, dans le quartier nord du faubourg Bannier. Ensuite et surtout parce que, dès août 1914, Léon Zay est mobilisé comme simple soldat : durant plus de quatre ans Alice sera soutenue par ses parents, Paul et Léa Chartrain, qui l'aideront à élever ses deux enfants, Jean né en 1904, et Jacqueline née en 1905. Elle devra même reprendre son travail d'institutrice pour nourrir ses enfants. Au début de l'été 1914, la grand-mère Chartrain demandera à tous ses petits-enfants d'écrire leur journal de vacances : c'est ainsi que Jean Zay, la guerre éclatant et son père parti au front, se fait grand reporter de guerre dans un journal dénommé Le Familier, écrit sur des cahiers d'écolier où fourmillent des reportages et des dessins parfaitement mis en page [NOTE Malheureusement les deux premières années de ce journal n'ont pas été conservées. Voir 667 AP 1, dossier 5.]  : à peine âgé de plus de dix ans, Jean Zay se révèle le fruit déjà épanoui d'un journaliste et d'une institutrice, maniant l'écrit, le style, l'analyse avec brio et drôlerie, peignant avec plaisir la ville d'Orléans loin du front, mais en réalité tapie d'inquiétude en l'absence de ses pères de famille et pleine de haine pour les Boches [NOTE Le journal de la guerre de 1914-1918 que tient Jean Zay enfant comporte bien des similitudes avec celui d'Yves Congar. L'enfant Yves Congar,, préfacé et commenté par Stéphane Audouin-Rouzeau, Paris, Cerf, 1997.] . Jean Zay, sachant immédiatement l'importance des permissions, écrit une lettre ouverte au général Galliéni « pour lui indiquer impérativement qu'il fallait doubler la longueur des permissions [NOTE Témoignage de Léon Zay interrogé par Simson et Georges Normandy, journalistes àen septembre 1937. Voir 667 AP 59, dossier 2.] ».

Dans ce tableau de famille se détache la personnalité de Jacqueline, la sœur unique et aimée de Jean Zay. Tandis que Jean se fait remarquer à l'école par ses qualités d'écriture [NOTE Lors de son certificat d'études primaires en 1916, puis en réussissant le concours général en 1922. Voir 667 AP 1, dossier 3.] , Jacqueline s'oriente très jeune vers les beaux-arts. À l'École des beaux-arts d'Orléans, elle travaille le dessin, l'aquarelle et la peinture dans l'atelier de Paul Cordonnier puis de Charles Million ; au conservatoire d'Orléans, elle étudie le piano dans le cours d'Antoine Mariotte. Elle participera dès 1925 à l'expérience littéraire de son frère qui fonde avec des amis Le Grenier, « revue littéraire de toutes les initiatives et de toutes les audaces [NOTE comptera dix-huit numéros qui illustrent la vie intellectuelle des Orléanais après la Première Guerre mondiale. Maurice Genevoix donnera, dans le numéro 6, la primeur d'un chapitre de « Raboliot ». Jean Zay sera l'éditorialiste de cette revue (voir orientation bibliographique : Jean Zay,, Orléans, éd. L'Écarlate, 1995). Parallèlement au, Marcel Abraham fonde : les deux revues fusionneront pour donnerqui aura dix-sept numéros.] ». Elle quittera Orléans en 1929 pour venir à Paris et entrer dans l'atelier du sculpteur Charles Despiau. C'est au contact d'Abel Faivre, de Francis Poulbot et de Jean-Louis Forain, président de la Société des Humoristes, qu'elle découvre ses talents de sculpteur et d'humoriste et multiplie les bustes très expressifs des hommes et femmes de son temps, Maurice Chevalier, Mistinguett, Joséphine Baker, Charlot, mais aussi Paul Doumer, Édouard Herriot ou le prince de Galles. L'arrestation de son frère en août 1940 et l'angoisse qui l'habitera durant les quatre années de sa captivité, puis les mois passés à rechercher son corps, briseront définitivement sa carrière d'artiste.

Le 31 mars 1931, au temple d'Orléans, Jean Zay épouse Madeleine Dreux, une jeune fille qu'il connaît depuis son enfance. Les Dreux, dont on peut remonter la lignée beauceronne jusqu'à la fin du XVIIe siècle [NOTE Voir Tableaux généalogiques. Tableau 3 sur la famille Dreux.] , possèdent un magasin de peinture et vitrerie situé rue des Carmes, juste à côté de l'enseigne du Progrès du Loiret. Ils fréquentent assidûment le temple d'Orléans comme les Chartrain. Enfin Madeleine est l'avant-dernière enfant d'une famille nombreuse et aisée. Deux de ses frères et sœurs meurent en bas âge, deux autres disparaissent peu après avoir atteint vingt ans. Son frère aîné Paul (1900-1925) est le très proche ami de Jean Zay, ainsi que le cadet, Jean, qui deviendra peintre. Jean Zay et Madeleine Dreux, petits enfants d'un même quartier, se retrouvant au temple et au théâtre, entament dès 1923 une correspondance amoureuse où se révèlent la passion grandissante de Jean Zay pour la chose publique et l'âme généreuse et dévouée de Madeleine. Dans les lettres qui se croisent, on lit l'actualité politique grâce à Jean et les sentiments tantôt partagés, tantôt animés des deux épistoliers. D'un amour de jeunesse, ils évolueront au fil du temps et des épreuves vers un amour inconditionnel. Ainsi en témoigne leur correspondance continue de 1923 à 1930, interrompue lors de leur vie commune à partir de 1931, mais reprise dès la mobilisation de Jean Zay en septembre 1939, et redoublée d'intensité à partir de son arrestation en août 1940 et durant ses presque quatre années de captivité à Clermont-Ferrand, Marseille et surtout Riom. Deux filles naîtront de leur union [NOTE Catherine est née le 29 octobre 1936, Hélène le 27 août 1940.]  : l'aînée Catherine, qui vient au monde dans la plus belle période de la vie de Jean Zay, à peine nommé ministre de l'Éducation nationale, connaîtra la joie et la fierté de ses parents ; la cadette Hélène, qui verra le jour à Rabat, quinze jours après l'arrestation de son père, ne fera sa connaissance qu'en mai 1941 lorsque la famille - sa mère, sa grande sœur et son grand-père Léon - aura quitté le Maroc pour s'installer à Riom.

Lorsque Jean Zay épouse Madeleine Dreux, il est depuis longtemps entré dans la vie politique locale grâce au journalisme. « Le journalisme se confond avec mes premiers et plus anciens souvenirs [NOTE Voir entretien de 1937 dans 667 AP 56, dossier 2.] ». En 1924, il suit toute la campagne électorale à Orléans. En 1928, il refonde la section d'Orléans des Jeunesses laïques républicaines (J.L.R.), puis crée des sections dans l'ensemble du département du Loiret. C'est à ce titre qu'il fera un voyage en Allemagne en juin 1931. Ses succès lui permettront d'être désigné, le 28 décembre 1931, par le comité radical du Loiret, comme candidat pour la 1re circonscription du Loiret [NOTE Circonscription tenue par un député de centre droit, Maurice Berger, qui semblait difficile à battre.] , puis, le 8 mai 1932, député du Loiret. Pierre Girard a fait une étude systématique des éditoriaux de La France du Centresignés par Jean Zay [NOTE Voir Pierre Girard, « Jean Zay entre Jeunes-Turcs et Jeunes radicaux », dans, 1995/1-2, tome 42, p. 22 à 30.] . Sur le plan international, Jean Zay est un pacifiste, mais, avec l'arrivée d'Hitler au pouvoir, il constate l'échec de la Société des nations (S.D.N.) et s'oppose aux États fascistes. L'affaire du drapeau déclenchée dès 1932 par la presse d'extrême-droite, qui publie un poème écrit par Jean Zay le 6 mars 1924 et adressé à son ami Paul Dreux, va peser sur sa carrière politique jusqu'à sa condamnation du 4 octobre 1940 : accusé de blasphémer le drapeau de la Marne et de Verdun, ainsi que d'insulter les morts de la Grande Guerre, « Jean Zay est bien pris dans l'affrontement national comme symbole de l'anti-France [NOTE Voir Olivier Loubes, « D'un drapeau l'autre, Jean Zay (1904-1944) », dans, n°2001/3, 2001, p. 48.] ». Sur le plan intérieur, Jean Zay est le défenseur des institutions républicaines. L'affaire Stavisky et les événements du 6 février 1934 le font monter au premier plan des jeunes personnalités politiques. Au sein de parti radical il incarne les jeunes qui poussent à l'adhésion au Front populaire en gestation. Et c'est en ce sens qu'il est désigné, en octobre 1935, comme rapporteur de politique générale au congrès de Wagram : « Où va la République ? La République est entrée, chacun le sent, dans une période décisive de son histoire. L'heure est venue pour elle de se réformer ou de disparaître [NOTE Rapport général de Jean Zay au congrès de Wagram sur la politique du parti radical, 26 octobre 1935. Voir 667 AP 27, dossier 1.] ... ». Le rapport de Jean Zay entrainera l'adhésion du parti radical au programme de Front populaire.

Le 8 mai 1932, Jean Zay avait été élu député du Loiret. Il est réélu le 3 mai 1936. Membre du bureau d'âge avec Pierre Mendès-France dès 1932, il est élu en 1935 secrétaire de la Chambre des députés. Il est membre de plusieurs commissions parlementaires : la commission de la législation civile et criminelle, la commission du commerce et de l'industrie, et la commission d'enquête sur les affaires Stavisky. Il est à l'écoute de ses électeurs et répond avec attention et efficacité à toutes les demandes d'interventions ; il constitue un fichier rigoureux de ses solliciteurs.

À l'issue du congrès de Wagram, en octobre 1935, Jean Zay s'est distingué au point qu'Albert Sarraut le nomme sous-secrétaire d'État à la Présidence du Conseil lorsqu'il constitue son gouvernement le 24 janvier 1936 : à ce poste Jean Zay est chargé de la réforme de l'État et de la préparation des élections qui, le 3 mai 1936, sont remportées par les candidats du Front populaire. Son équipe est restreinte : Lucien Coudor est nommé chef de cabinet, Maurice Cuttoli, chef-adjoint, Serge Baret, chef du secrétariat particulier, et Marc Bernard et Léon-Max Dekeyser, attachés. Serge Baret restera auprès de Jean Zay tout au long de sa carrière ministérielle [NOTE Voir 667 AP 66, dossier 1. Serge Baret assurera également le traitement des dossiers lorsque Jean Zay sera mobilisé en septembre 1939.] .

Parallèlement à sa vie de journaliste et d'homme public, Jean Zay est avocat à la cour d'appel d'Orléans. Sa réputation de défenseur des braves gens du Loiret est très tôt consacrée. En 1929, il devient célèbre en défendant Étienne Driard, qui est accusé du meurtre de l'amant de sa femme, et dont il obtient l'acquittement. Mais c'est surtout avec une affaire analogue que sa réputation dépasse les limites du Loiret : en 1931, il défend la cause de Gaston Gruslin, mutilé de guerre, ami de toujours de Gustave Balland qu'il finit par tuer lorsqu'il découvre sa liaison avec sa femme. À la cour d'assises du Loiret, Jean Zay se fait le champion des causes perdues incarnées par Gruslin, cet ancien combattant qui avait accordé sa confiance à Balland depuis les tranchées : à quoi bon condamner à mort un homme qui a déjà des regrets éternels ? Gruslin est acquitté. Jean Zay, de 1928 à 1936, déploie son intelligence des faiblesses humaines en défendant, surtout au civil, des gens simples et des causes ordinaires : son pain quotidien est tissé de délits de chasse, de fraudes de lait, d'accidents de la circulation, de vols, de coups et blessures, de divorces aussi. Quelques cas plus délicats émergent dans ce quotidien : la défense de mineurs abusés par leurs aînés, celle de femmes complices d'avortement, enfin celle d'hommes mis en cause pour indiscipline militaire. Ainsi, devant le conseil de guerre, le 31 mai 1928, il plaide la cause du jeune brigadier Nédonchelle, accusé d'outrages à ses supérieurs militaires : « J'ai conscience, en vous demandant l'indulgence, de parler au nom d'une mémoire sacrée. [Son père], sergent au 131e puis au 15e [régiment d'infanterie], a été tué le 7 mars 1915 au Bois-Sabot (Marne) où il repose... Le fils de ce héros est devant vous, son sort est entre vos mains. C'est pourquoi j'ai confiance, sachant que vous penserez, vous officiers, avant de juger [NOTE Voir ses notes de plaidoirie dans 667 AP 19, dossier 2. Nédonchelle sera condamné à un an de prison avec sursis.] ... ».

En juin 1936, Jean Zay renonce à sa carrière d'avocat pour se consacrer à sa seconde mission gouvernementale. Le 4 juin 1936, Léon Blum, président du Conseil du gouvernement de Front populaire, le nomme ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-arts en raison de sa jeunesse : « Je pense qu'il faut un jeune à l'Éducation nationale et c'est pourquoi je vous y envoie [NOTE Voir Jean Zay,p. 242.] ». Rue de Grenelle, Jean Zay s'appuie sur Marcel Abraham qui avait une parfaite connaissance du ministère et qui restera son directeur de cabinet durant plus de quatre ans. Pour le reste de son cabinet, Jean Zay reprend les mêmes hommes qu'à la Présidence du Conseil. Lucien Coudor est son chef de cabinet [NOTE Lucien Coudor est chef de cabinet du 24 janvier 1936 au 21 juin 1937. Lui succède Alfred Rosier. Voir Annexe 2, p. XXX : composition des différents cabinets ministériels de Jean Zay.] , secondé par trois enseignants, Raymond Las Vergnas, Pierre Boivin et René Paty. Serge Baret est le chef de son secrétariat particulier. Enfin Joseph-Jean Morer est chargé des relations avec le Parlement. Avec cette équipe, le très jeune ministre est à la tête d'un portefeuille alliant l'éducation nationale, les beaux-arts, la recherche et, dans un second temps, la jeunesse et les sports. Si l'objectif est clair : la culture pour tous, le bilan est plus délicat à résumer. Sur le plan législatif, la seule loi qui passe l'épreuve du Parlement est celle du 9 août 1939 prolongeant la scolarité de 13 à 14 ans. Le grand projet de loi, déposé devant la Chambre des députés en mars 1937, ne sera toujours pas discuté lorsque Jean Zay démissionnera en septembre 1939. Mais les fruits de ce projet verront le jour après 1945. « Le projet de loi sur la réforme de l'enseignement, dont le Parlement est saisi, suscite de la part des familles un vif et légitime intérêt... Les mots abstraits et quasi-mystérieux - orientation, coordination - [...] provoquent [...] des malentendus ou des équivoques. Qu'entendons-nous par « orientation » ? Le moyen de donner aux familles les conseils indispensables sur la nature des études qui conviennent le mieux à leurs enfants [...]. La coordination est la suite logique de l'orientation [...]. Entre [l'enseignement] classique, le moderne et le technique, elle doit permettre les passages, établir les couloirs de communication, qui, aujourd'hui, font défaut [NOTE Voir sa notedans 667 AP 58, dossier 1.] ». La clé de voûte du projet est la réorganisation du ministère en directions de degrés. Les programmes du premier cycle secondaire et du primaire supérieur sont unifiés. La classe de sixième devient une classe d'orientation. Le sport est introduit à l'école et jusqu'à l'université.

En matière de recherche scientifique et de vie culturelle, l'action de Jean Zay est multiple. Le C.N.R.S. voit le jour à la fin de 1939. Jean Zay dépose sur le bureau de la Chambre des députés le projet d'École nationale d'administration : en janvier 1938, le projet est voté par les députés, mais la guerre surviendra avant son approbation par les sénateurs. Sur le plan culturel, le bilan est tout aussi complexe. On doit à Jean Zay la création de la Réunion des théâtres nationaux, celle du Musée d'art moderne et du Musée des arts et traditions populaires. Grand amateur de cinéma, il lance l'idée du festival de Cannes prévu pour septembre 1939 : il sera reporté du fait de la guerre. On sait moins sa passion pour la musique, mais les textes qu'il écrit pour Claude Debussy et Maurice Ravel attestent sa profonde intelligence de la musique : « Il y a un tragique caché dans les accents de cette voix qui chanta de façon si neuve, si libre et si riche les puissances élémentaires, la mer et le ciel, et la forêt d'été où s'exaspère le désir du Faune, et ces régions extatiques où la passion de saint Sébastien nous entraîne à regarder en face l'image de la mort [NOTE Article écrit en l'honneur des vingt ans de la disparition de Claude Debussy en 1938, dans, n° 183, avril-mai 1938, p. 241-243.] ».

Le 3 septembre 1939, Jean Zay donne sa démission à Édouard Daladier pour rejoindre volontairement le corps où il est mobilisé [NOTE 50 La question de savoir si les parlementaires doivent en temps de guerre continuer à exercer leur mandat ou suivre le sort commun des hommes de leur génération n'a pas été tranchée depuis la guerre de 1914-1918 où certains ont choisi de rester députés, d'autres, comme Abel Ferry ont choisi l'uniforme, tout en revenant périodiquement siéger à la Chambre. Voir Fabienne Bock,, Belin, 2002.] . Jusqu'à mai 1940, il fait la guerre en qualité de sous-lieutenant, adjoint au colonel commandant le train de la IVe Armée. Le 19 juin 1940, son unité se trouve près de Saint-Pourçain (Puy-de-Dôme), à proximité de la ligne tenue par les Allemands : avec l'accord du colonel Pointout il quitte son unité pour aller à Bordeaux où les parlementaires sont convoqués. Avec des parlementaires et des militaires convaincus de pouvoir constituer un gouvernement en Afrique du Nord, il s'embarque sur le « Massilia ». Mais, dès son arrivée à Casablanca, il est considéré comme suspect. Le 16 août 1940, il est arrêté à Rabat par les gendarmes français.

L'arrestation de Jean Zay marque le début de la dernière partie de son existence. Après un simulacre de procès par le tribunal militaire permanent de Clermont-Ferrand, il est condamné, le 4 octobre 1940, pour désertion en présence de l'ennemi, à la déportation pour une durée indéterminée. Comble du paradoxe que cette condamnation : accusé de désertion, alors qu'il a quitté la France pour continuer le combat contre l'Allemagne nazie, il est condamné par un gouvernement qui a renoncé à la lutte et signé l'armistice. De la prison militaire de Clermont-Ferrand où il était détenu depuis son retour du Maroc, Jean Zay est envoyé au Fort Saint-Nicolas de Marseille, puis à la maison d'arrêt de Riom [NOTE 51 La maison d'arrêt de Riom est un ancien couvent de génovéfains désaffecté à la Révolution. Elle s'ouvre sur la place Desaix.] . Durant ses mois de captivité, il écrira des lettres, des contes, des notes sur son travail de ministre, et ce qu'on pourrait appeler son testament, Souvenirs et solitude, s'il n'avait pas gardé jusqu'au bout la foi en l'avenir. C'est à Riom que des miliciens viendront le chercher le 20 juin 1944 pour l'assassiner dans un bois près de Cusset (Allier).

Sa disparition est triplement tragique. Le jugement de Clermont-Ferrand était inique, l'assassinat ignoble, la recherche qui s'ensuivit effrayante. C'est par hasard que des chasseurs retrouvent son cadavre en 1946, mais celui-ci ne sera identifié formellement qu'en avril 1948, après l'arrestation de son principal assassin, Charles Develle. Quatre ans après sa mort, le 15 mai 1948, les obsèques de Jean Zay pourront être célébrées à Orléans et réunir sa famille, ses amis, ainsi que tous ceux qui l'estimaient. René Berthelot, directeur du conservatoire d'Orléans, parlant au nom des amis de jeunesse, rappela les propres termes de Jean Zay prononcés à la mort de Maurice Ravel : « Évoquer Ravel, en dépit des pensées qui nous bouleversent en ce moment, ce sera, désormais et toujours, parler des choses légères et délicieuses, et proclamer, au-dessus du sort contraire, la pure souveraineté de l'intelligence [NOTE Voir 667 AP 60, dossier 3.] ».

II. LES PAPIERS DE JEAN ZAY

Bien avant d'entrer aux Archives nationales, les papiers de Jean Zay ont une histoire d'abord rectiligne, puis mouvementée, prenant enfin, pour la moitié d'entre eux, le statut de documentation ouverte aux historiens. C'est sans doute la découverte d'un second gisement, jamais exploré et nécessitant une conservation particulière, qui décide du sort de l'ensemble entré aux Archives nationales en 2008 et 2009.

La brièveté de la vie de Jean Zay, ainsi que les conditions tragiques de la fin de son existence auraient pu engendrer un fonds d'archives de bien moindre importance que celui dont les chercheurs disposent aujourd'hui. Les raisons de ce sauvetage sont triples. En premier lieu, Jean Zay est un homme qui écrit souvent ; il est doté d'un sens de l'organisation qu'il transmet à son secrétariat et à ses collaborateurs. La preuve la plus tangible de ce système de travail est le fichier des interventions qu'il constitue lui-même comme député du Loiret. Pour chaque personne qui le sollicite, il note lui-même, en haut et à droite de la fiche, les coordonnées du demandeur avec l'écriture parfaitement claire qui est la sienne ; il tient ensuite, dans l'ordre chronologique, la liste des démarches qu'il effectue, les résultats qu'il obtient, en ajoutant des commentaires personnels qui montrent l'investissement qui est le sien auprès de ses électeurs. « Ai fait le nécessaire », « impossible d'aller plus loin », « j'avise et je transmets en attendant la suite », « je relance », autant d'appréciations qui révèlent sa connaissance du droit et des rouages administratifs. Au ministère, il transmettra à son secrétariat cette méthode redoutablement efficace : aucun fichier n'est conservé de cette période, mais les annotations que Jean Zay apporte régulièrement aux correspondances manifestent cette même rigueur.

En second lieu, et c'est là que le terme de sauvetage est le plus juste, les papiers de Jean Zay résistent aux dispersions et destructions qui auraient dû découler de la guerre, a fortiori pour lui qui est d'origine juive et qui subit à ce titre le pillage de ses appartements parisien et orléanais [NOTE La date de ces pillages ne nous est pas parvenue, mais leur trace se trouve dans les dossiers du Service des restitutions (Archives nationales, sous-série AJ 38) et de la Commission de récupération artistique (Archives du ministère des Affaires étrangères).] . Pour comprendre les événements, il faut situer les appartements et bureaux de Jean Zay à la veille de la guerre. À Orléans, Jean Zay habite au 82, rue Bannier, c'est-à-dire dans le centre de la ville, juste à côté de la place du Martroi ; son bureau est au 1, rue Croix-de-Malte. Les parents de Madeleine Zay, Georges et Ruth Dreux, se sont installés au début des années trente au sud de la Loire, juste après le Pont Royal. À Paris, Jean Zay habite au 46, rue de Verneuil, dans le 7e arrondissement ; il n'a que le boulevard Saint-Germain à traverser pour se rendre au ministère, dans son bureau du 110, rue de Grenelle. Il emménagera enfin au 14, rue de Bourgogne. Entre ses différents appartements et bureaux, on ne peut qu'imaginer des va-et-vient de papiers et de dossiers, et souligner que Jean Zay vit à une époque où la distinction entre la vie privée et les fonctions publiques est extrêmement floue. Ici s'arrêtent les données objectives : la suite relève de l'hypothèse, car il nous manque aujourd'hui les témoins qui ont assisté Jean et Madeleine Zay dans les premiers mois de la guerre. Dès la mobilisation de Jean Zay, en septembre 1939, ses collaborateurs ont dû se préoccuper de ses papiers [NOTE Peut-être même dès le mois d'août 1939, si l'on croit le récit que Jean Zay fait de l'évacuation des enfants et de la protection des œuvres d'art menées conjointement rue de Grenelle. Voir Jean Zay,, p. 261. Les œuvres d'art que Jean Zay possède rue de Verneuil sont transportées au château de Chambord. Voir 667 AP 124, dossier 5.] . À Paris, Marcel Abraham rassemble les dossiers sans d'ailleurs séparer ce qui est strictement à Jean Zay de ceux qu'il a lui-même constitués : c'est l'origine du fonds Marcel Abraham entré aux Archives nationales en 1958 et étroitement complémentaire du fonds Jean Zay [NOTE Le fonds Marcel Abraham (312 AP) est un fonds d'archives qui survit à la guerre de façon tout aussi miraculeuse que le fonds Jean Zay, puisque Marcel Abraham est également d'origine juive.] . À Paris encore, tout porte à croire que Serge Baret veille aussi et fait transporter ses papiers à Orléans. Là, le relais est pris par Me Gimonnet, secondé sans doute par Étienne Pollet et Vincent Delpuech.

En troisième et dernier lieu, le sort de ces dossiers est entre les mains de plusieurs femmes qui se relaient avec le même souci, convaincues qu'elles sont de préserver des papiers précieux. D'abord Madeleine Zay, l'épouse puis la veuve de Jean Zay. Elle veille sur ce qui est pour elle un trésor du vivant même de son mari. Il faut constater le soin apporté à la correspondance qu'elle échange dès 1923 et jusqu'en 1944 avec Jean Zay. C'est elle aussi, dans les circonstances tragiques que connaît la famille à Riom, qui conserve, ordonne et transmet même à l'éditeur René Julliard les feuillets de Souvenirs et solitude, et de La bague sans doigt, usant de courage, cachant sous le matelas du landau de leur bébé, les papiers qui échappent ainsi à la vigilance des gardiens de la maison d'arrêt. C'est elle enfin qui dès son retour à l'automne 1944 à Orléans, dans la maison familiale, organisera la documentation constituée par son mari disparu, d'abord pour assurer sa défense dans les procédures qu'elle entamera entre 1948 et 1953 contre les héritiers de Philippe Henriot, ensuite et surtout dans l'esprit de garder les traces nécessaires à l'écriture de la mémoire et de l'histoire de Jean Zay. À la mort de Madeleine Zay, en septembre 1991, ses deux filles poursuivront l'œuvre commencée et la consacreront en décidant de donner aux Archives nationales les papiers de Jean Zay. À ces trois femmes, s'ajoute plus discrètement Jacqueline, l'unique sœur de Jean Zay, décédée en 1961 : la première lettre de Jean Zay à sa sœur qui est conservée date de 1927. Leur correspondance sera intense et croisée. Pour la période de la guerre, où Jacqueline vient souvent voir son frère à Clermont-Ferrand puis à Riom, quand elle n'est pas retenue à Marseille par des raisons de santé, les lettres seront parfois annotées par Jacqueline et serviront aux procédures d'après-guerre. Madeleine Zay réunira ces papiers - ainsi que quelques photographies - à la mort de sa belle-sœur.

Le 12 octobre 2008, Catherine Martin-Zay et Hélène Mouchard-Zay font don à l'État des papiers de Jean Zay pour qu'ils soient conservés aux Archives nationales. La lettre de don est assortie de quatre conditions. La première concerne la préservation des documents : la première moitié d'entre eux était classée et conservée en parfait état dans la maison de Catherine Martin-Zay qui, à la suite de sa mère, l'avait largement communiquée aux chercheurs qui s'y étaient intéressés depuis les travaux pionniers de Marcel Ruby. La seconde moitié, en revanche, avait été découverte en 1992, dans un des garages de la maison familiale laissé vacant au départ de ses derniers locataires. Ces documents étaient enveloppés dans du papier journal, dans des liasses posées à même le sol, pour la plupart jamais ouvertes par quiconque : quelques sondages permirent à Catherine Martin-Zay de dater ces documents des années du Front populaire. Ils nécessitaient d'être rapidement désinfectés. Le premier versement, en novembre 2008, aux Archives nationales a concerné ce lot documentaire.

La deuxième condition porte sur le classement et l'inventaire de l'ensemble du fonds devant être mis à disposition des chercheurs dès la fin de l'année 2009. Les délais seront en réalité repoussés de six mois lorsque Catherine Martin-Zay et Hélène Mouchard-Zay décideront de donner la totalité des papiers de leur père, y compris la correspondance personnelle et les photographies familiales et officielles, dans deux versements ultérieurs, les 20 mai et 21 octobre 2009.

La troisième condition règle la communication et la reproduction des papiers de Jean Zay : elles seront soumises à l'autorisation de Catherine Martin-Zay et d'Hélène Mouchard-Zay leur vie durant, sous réserve des dispositions prévues par la loi pour le respect de la vie privée. À leur mort, l'autorisation de consulter et reproduire ces archives sera délivrée par le directeur des Archives nationales.

La quatrième et dernière condition prévoit que les Archives nationales numérisent les documents et photographies qu'auront sélectionnés Catherine Martin-Zay et d'Hélène Mouchard-Zay.

Une fois rassemblés les documents des trois versements, leur traitement a été simple : le cadre de classement établi par Madeleine Zay [NOTE Avec l'aide de Thérèse Veujoz, secrétaire d'Alfred Rosier.] a servi de base de travail, chaque partie étant complétée par les papiers retrouvés dans la maison de jardin. À la manière d'un puzzle que Madeleine Zay avait entrepris dès 1945 pour préserver le souvenir de son époux disparu, les morceaux suivants ont été placés là où ils s'inséraient naturellement. Au terme de ce travail, le puzzle ne prétend pas être parfait, puisqu'il manque des morceaux importants dont certains se retrouvent dans les sources complémentaires et notamment dans le fonds Marcel Abraham, mais il donne un tableau d'ensemble sur la personnalité de Jean Zay, sur sa vie et sur la France des années trente et quarante.

Le fonds Jean Zay est constitué d'une première partie thématique (les papiers personnels de Jean Zay), de sept parties chronologiques (de la carrière d'avocat à la postérité de Jean Zay), enfin de quatre parties typologiques (par catégories de documents).

La première partie (667 AP 1 à 12) permet de suivre l'enfance et l'adolescence de Jean Zay dont la scolarité est remarquable, ainsi que ses liens familiaux notamment avec son père Léon et sa sœur Jacqueline. Mais l'originalité de cette partie tient à la correspondance croisée entre Jean Zay et Madeleine Dreux, qui commence dès 1923, se poursuivra au-delà de leur mariage en mars 1931, et sera particulièrement intense pendant la mobilisation de Jean Zay, de septembre 1939 à juin 1940, et surtout pendant sa captivité d'août 1940 à son assassinat le 20 juin 1944. Dans sa dernière lettre à son épouse, qu'il écrit le 19 juin 1944, alors qu'il vient d'apprendre son transfert de la maison d'arrêt de Riom à la maison centrale de Melun, Jean Zay fait preuve tout à la fois d'optimisme et de courage : « Voici la dernière étape, celle qui sera brève et au bout de laquelle nous nous retrouverons unis et tranquilles dans notre bonheur, avec nos filles. Elle était inévitable [...]. Je pars plein de bonne humeur et de force. Je n'ai jamais été si sûr de mon destin et de ma route [...] ».

Les sept parties suivantes sont chronologiques : elles déroulent la carrière de Jean Zay de 1928 à 1944, avocat (667 AP 13 à 21), puis député du Loiret (667 AP 22 à 47), sous-secrétaire d'État à la Présidence du Conseil (667 AP 48 à 55), ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-arts (667 AP 56 à 114), mobilisé comme sous-lieutenant à l'état-major du train de la IVe armée (667 AP 115 à 117), enfin emprisonné à Clermont-Ferrand, à Marseille puis à Riom (667 AP 118 à 123). La dernière de ces parties chronologiques (667 AP 124 à 129) va de la disparition de Jean Zay au début du XXIe siècle, en suivant les procédures judiciaires menées par Madeleine Zay pour la réhabilitation de son époux, et les différents hommages qui lui seront rendus.

Les périodes de la vie de Jean Zay sont inégalement représentées dans le fonds d'archives. Il est facile de s'approcher de l'avocat qu'il a été de 1928 à 1936 grâce aux 288 dossiers d'affaires. Certes, il faudra compléter ces informations par les dossiers de procédure, pour la plupart conservés aux archives départementales du Loiret ainsi que par la presse de l'époque, mais les dossiers d'affaires révèlent la manière de travailler de Jean Zay, les contacts précis et efficaces noués avec ses clients, et surtout son talent oratoire illustré par ses notes de plaidoirie. Ces documents attestent la clarté de sa pensée et la force de ses arguments pour la défense du droit des personnes. Comme député du Loiret de 1932 à 1939, Jean Zay laisse des dossiers intéressants sur les élections qu'il remporte, mais surtout sur la mission qu'il exerce au sein de la commission d'enquête sur l'affaire Stavisky, ainsi que sur les causes générales qu'il défend auprès des agriculteurs, des commerçants, des cheminots, des ouvriers ou des fonctionnaires. Le droit est le fondement de son travail, d'abord comme avocat de personnes et avocat conseil de fédérations artisanales ou de syndicats, puis comme député et porte-parole de groupes sociaux-professionnels. Plus saisissants encore sont le fichier des interventions individuelles et les dossiers auxquels il renvoie : la disponibilité et l'efficacité immédiate de Jean Zay auprès de ses électeurs sont révélées au fil des demandes qu'il traite, son honnêteté aussi car il ne masque pas les difficultés qu'il rencontre, voire les échecs qu'il essuie. Il intervient surtout pour venir en aide à des personnes sans ressources, femmes seules avec enfants à charge, vieillards isolés, anciens combattants, ainsi que pour trouver un emploi à des jeunes au chômage. De cette période nous pouvons déplorer des creux documentaires, notamment autour des questions internationales dont Jean Zay se préoccupe pourtant - la preuve tangible en est dans la presse et dans les articles qu'il signe. De même, il manque la trace des implications de Jean Zay dans les conflits sociaux qui débouchent sur le Front populaire.

Janvier 1936 marque l'entrée de Jean Zay au gouvernement. De son passage à la Présidence du Conseil comme sous-secrétaire d'État, il laisse des dossiers importants sur son action auprès d'Albert Sarraut : il réorganise les services de la Présidence du Conseil, tout en poursuivant ses interventions individuelles. Il prépare surtout les élections législatives d'avril-mai 1936 : il nous a semblé plus simple de réunir en un seul bloc tout ce qui concerne ces élections et de le placer dans la partie consacrée au député (667 AP 23). Ses dossiers de ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-arts sont indéniablement inégaux. Jean Zay entretient des liens constants avec le monde littéraire ou artistique de la fin des années trente, comme l'attestent les nombreuses correspondances de Jean Cocteau, Alfred Cortot, Georges Duhamel, Maurice Genevoix ou Louis Jouvet, mais nous n'y trouvons pas par exemple Jean Renoir. Pour ces quatre années ministérielles, il faut systématiquement recourir au fonds de son directeur de cabinet Marcel Abraham (312 AP) : ainsi la réforme de l'enseignement n'apparaît que sous la forme d'épaves dans les dossiers de Jean Zay (667 AP 58) et ce sont les dossiers de Marcel Abraham qui leur redonnent de la consistance (312 AP 5 et 6). L'enseignement du français à l'étranger ne transparaît dans le fonds Jean Zay que dans ses dossiers de voyages (667 AP 63 et 64) ainsi que dans les photographies, alors qu'il se traduit par de gros dossiers dans le fonds Marcel Abraham (312 AP 10 à 13). À l'inverse les dossiers de Jean Zay sont fournis sur les projets de réforme de l'École nationale d'administration ou de réforme du droit d'auteur. De façon générale, ils doivent être complétés par les dossiers conservés dans les différentes sous-séries des Archives nationales, à savoir F17 (Instruction publique), F12 (Beaux-arts), et F12 (Commerce et industrie) [NOTE Voir les sources complémentaires.] . Si l'on prend le cas de l'exposition internationale des arts et techniques appliqués à la vie moderne de 1937, les papiers de Jean Zay sont décevants, mis à part un petit dossier hétéroclite et quelques photographies : il faut se reporter au fonds Marcel Abraham (312 AP 7), aux dossiers du commissariat général de l'exposition (F12 12114 à 13086), ainsi qu'aux dossiers de Jean Locquin, délégué général de la Présidence du Conseil à l'exposition (F60 945 à 972). Jean Zay le dit lui-même dans Souvenirs et solitude [NOTE Jean Zay,,, p. 296.]  : c'est le ministère du Commerce, et non celui de l'Éducation nationale, qui est responsable de cette manifestation. Les lacunes sont également frappantes en matière de recherche scientifique ou de politique muséale. Ainsi le Palais de la Découverte ou Jean Perrin sont absents dans le fonds Jean Zay, ou encore le Musée des arts et traditions populaires et Georges-Henri Rivière.

Le fonds Jean Zay réserve cependant des surprises sur les initiatives artistiques qui sont celles du jeune ministre passionné de musique : si l'origine du festival de Cannes ne peut pas être décelée dans ses papiers, en revanche on voit l'intérêt qu'il porte à la musique et son souhait de créer un festival à l'égal de celui de Salzbourg (667 AP 60). Enfin, à la tête de son ministère, Jean Zay ne néglige pas les demandes qui lui parviennent de son département ni de l'ensemble de la France : quarante-cinq cartons (667 AP 68 à 113) manifestent sa disponibilité permanente à l'égard de ses concitoyens ; il n'intervient pas seulement dans le domaine de l'éducation ou des arts, mais dans tous les secteurs de la vie des gens, dans leurs difficultés financières surtout.

Les quatre années de sa captivité sont un temps de réflexion, de lecture et d'écriture pour Jean Zay. Dans ses papiers, il fait preuve d'un souci extrême pour les détails quotidiens et consigne la moindre information. Dans ses carnets, il note, au jour le jour, son humeur, sa santé, ses activités, les visites qu'il reçoit, ses souvenirs, ainsi que toutes les informations qu'il glane, en mêlant les événements généraux (l'actualité qui lui parvient dans un temps record) et ceux qui touchent son entourage immédiat (son poids, celui de ses deux filles, ses repas, la coiffure de son épouse, le caractère de l'homme qui balaie sa cellule). Le 10 janvier 1941, il note : « Il a neigé cette nuit encore. Les rêves, plus réels que ma vie actuelle. Différence entre le prisonnier de guerre et le prisonnier condamné, surtout pour une âme intell[ectuelle] et sensible ! L'art de faire son lit. Vivre de minuscules détails : eau tiède pour la toilette : la vie par le petit bout de la lorgnette ! Pas de journaux : monde extérieur complètement aboli. Plus appris en 5 mois sur les hommes et leur vraie nature qu'en 15 ans d'études et 8 ans de vie publique... Supplice de la privation de montre ». Ou encore, pour le mardi 6 juin 1944 qui est son 1391e jour de détention, Jean Zay indique : « Débarquement de Cherbourg au Hâvre ; grande nervosité dans la maison ; chants ; surveillance accrue, etc. L'affût des nouvelles. Réunion chez le sous-préfet, allocution du sous-chef à son personnel, etc. La nuit, sommeil difficile. Mot de Mad[eleine] : Hélène a eu sa dernière piqûre ; Cathou est 4ème ». Il achève Souvenirs et solitude, ainsi que vingt et une petites nouvelles très bien écrites. Au fil des visites et des lettres reçues, il revient sur son action à la tête du ministère de l'Éducation nationale. En découlent un tableau sur l'organisation de l'enseignement, depuis l'école primaire jusqu'à l'enseignement supérieur, une note sur le ministère de « la vie culturelle », une note sur la politique scientifique, culturelle et artistique, une note sur le ministère de l'Information, et divers brouillons comme autant de strates qui nourrissent sa réflexion. Les écrits de Jean Zay en prison méritent d'être étudiés dans leur globalité. Si certains textes ont dû passer dans la clandestinité et même être reproduits dans les Cahiersde l'Organisation civile et militaire, comme l'a démontré Benoit Verny [NOTE Benoit Verny, « Jean Zay et la Résistance », dans, Paris, Presses de Sciences-Po, 2003, p. 209 à 224.] , il reste à passer au peigne fin les carnets de Jean Zay, les différentes versions de ses écrits, ses notes et brouillons au regard de la correspondance reçue et envoyée.

Enfin, la dernière période chronologique de ce fonds couvre la postérité de Jean Zay : on y trouve les enquêtes sur sa disparition menées par la police judiciaire et les renseignements généraux, les dossiers sur sa réhabilitation et son appartenance à la résistance, mais aussi la correspondance reçue par Madeleine Zay dès l'été 1944. À partir de 1945, des cérémonies sont organisées en hommage à Jean Zay en mai et en juin, à Paris, dans la crypte de la chapelle de la Sorbonne, pour honorer le ministre de l'Éducation nationale, et devant sa sépulture au cimetière d'Orléans, sa ville natale. Ses obsèques sont célébrées en mai 1948. Les correspondances reçues par Madeleine Zay tissent le réseau d'amitié et d'estime qui l'entoure et la soutient dans son combat pour la mémoire et l'histoire de son mari. Édouard Herriot, dès le 5 juin 1945, écrit à Madeleine Zay : « Je tiens Jean Zay pour un martyr de la liberté ; je le dirai quand, où et comme vous le voudrez [NOTE Voir 667 AP 124, dossier 3.] ». Le 13 mai 1948, obligé de partir à New York afin de représenter la France à la Commission des droits de l'homme, René Cassin écrit à Madeleine Zay pour le prier de l'excuser de ne pouvoir assister à la cérémonie de la Sorbonne : « Je l'ai vu pour la dernière fois à Bordeaux, le 20 juin 1940, lorsque j'ai pris la détermination d'aller en Angleterre et que lui a pris celle de s'embarquer sur le " Massilia". Ce n'est pas à moi qu'on pourra dire qu'il était un lâche. Il a été toute sa vie un homme vaillant et, de surplus, un excellent ministre. Je me permets d'ajouter que ma femme et moi admirons votre vaillance à honorer sa mémoire et à poursuivre le châtiment de ses assassins. Ce n'est pas de la vengeance, mais de la justice [NOTE .] ». En 1948, Madeleine Zay poursuit les héritiers de Philippe Henriot et la Société nationale des éditions de presse en diffamation pour avoir publié Les Carnets secrets de Jean Zay. Ces dossiers importants (667 AP 126) sont à compléter par les jugements rendus par le tribunal civil de la Seine, le 12 mai 1948, et par la Cour d'appel, le 21 décembre 1949 [NOTE Ces jugements sont conservés aux Archives de Paris qui malheureusement n'ont pas la trace des dossiers de procédure ni des scellés correspondants.] . La dernière partie chronologique du fonds Jean Zay comprend enfin des documents sur le procès des assassins de Jean Zay devant le tribunal militaire de Lyon : Charles Develle est condamné, le 24 février 1953, aux travaux forcés à perpétuité. Les premiers historiens peuvent se pencher sur l'histoire de Jean Zay, comme l'attestent les correspondances qui les lient à Madeleine Zay dès le début des années soixante, ainsi que les colloques et les expositions qui retracent la vie de Jean Zay.

Le fonds s'achève sur quatre parties typologiques, la première (667 AP 130 à 133) rassemblant toutes les coupures de presse réunies par Jean Zay et son épouse, la deuxième (667 AP 134 à 142) les photographies familiales ou officielles, la troisième (667 AP 143 à 145) les disques, cassettes et films, la quatrième et dernière (667 AP 146 et 147) les documents de grand format et principalement les affiches électorales. Les photographies saisissent toutes les étapes de la vie de Jean Zay depuis son enfance à l'Ermitage, berceau familial des premiers jours et des premiers souvenirs, jusqu'à la prison de Riom. Cette collection photographique met en lumière de très nombreux registres privés de traces écrites : la passion de Jean Zay pour les fêtes foraines, les avions, les bateaux, les sports d'hiver, les vacances à la mer, le théâtre populaire. Sur ces clichés, Jean Zay se montre tel qu'en lui-même. « Voulez-vous me permettre un aveu : la vie, sous toutes ses formes, m'enchante. Elle se confond pour moi avec l'action... [Tous ceux de ma génération] qu'on peint trop souvent sous des traits amers ou découragés, aimons notre époque, fertile en recherches et en nouveautés. Nous acceptons ses rudes devoirs, mais nous aimons ses plaisirs et, pourvu qu'ils comportent un peu d'art, aucun ne nous semble inférieurs [NOTE Voir 667 AP 56, canevas de l'entretien accordé, le 10 février 1937, par Jean Zay, ministre de l'Éducation nationale, à Emmanuel Berl et Jean Nohain.] ».

Le fonds Jean Zay permet d'entrevoir un homme passionné et passionnant, encore méconnu, mais que les recherches à venir révèleront dans toutes ses dimensions privées et publiques. Le fonds ouvre aussi d'autres perspectives : à travers le prisme de Jean Zay, les années noires sont éclairées de façon stimulante et originale.

Le présent inventaire n'aurait pas pu voir le jour sans l'aide de nombreux collaborateurs que nous tenons à remercier ici. Aux Archives nationales, Ségolène Barbiche, conservateur général, responsable de la section des Archives privées, a rendu possible ce travail, depuis la collecte des papiers Jean Zay jusqu'à la publication de l'instrument de recherche, grâce à ses compétences et par sa disponibilité totale. Claire Béchu, conservateur général, responsable de la mission de la coordination et de la diffusion scientifiques, nous a guidés dans la publication de l'inventaire. Claire Sibille, conservateur en chef au Service interministériel des archives de France, nous a permis d'établir la cadre de l'inventaire. Françoise Adnès, secrétaire de documentation à la section du XXe siècle, nous a aidés tant dans la bibliographie que dans les sources complémentaires relevant du ministère de la Justice. Enfin Vivien Albaut, stagiaire à la section des Archives privées, nous a apporté une aide importante dans les dossiers d'affaires plaidées par Jean Zay. Aux Archives départementales du Loiret, nous tenons à remercier Annie Henwood, conservateur en chef, et Alexandra Martinez-Négrier, responsable de la salle de lecture, qui nous ont fourni de précieux conseils.

François Porcile, réalisateur, historien du cinéma, nous a aidés à identifier les photographies.

Notre reconnaissance est entière à l'égard d'Antoine Prost qui est le premier à nous avoir signalé l'existence et l'importance des papiers Jean Zay depuis plus de dix ans. Dès leur entrée aux Archives nationales, il nous a aidés à les comprendre, à les classer et à les inventorier le plus justement possible. Il nous reste à remercier sincèrement Robert O. Paxton et Serge Berstein pour le soutien qu'ils nous ont apportés, ainsi que pour leur relecture vigilante des textes que nous leur avons soumis.

Source of acquisition

Don, 2008-2010

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SOURCES COMPLÉMENTAIRES

La liste qui suit n'est pas exhaustive, mais indique les pistes archivistiques les plus intéressantes à suivre. Pour les personnalités de la génération de Jean Zay, il existe encore des gisements de documents entre les mains des familles : puisse le travail sur les papiers de Jean Zay les inciter à verser ces documents dans des services d'archives.

I. ARCHIVES NATIONALES

Fonds Marcel Abraham : 312 AP 1 à 16.

C'est le fonds le plus étroitement complémentaire du fonds Jean Zay. Donné aux Archives nationales par la sœur de Marcel Abraham, Germaine Abraham, en 1958, ce fonds a été classé et inventorié par Martine Pichol en 1976. Il est particulièrement intéressant en ce qui concerne la réforme de l'enseignement (312 AP 5 et 6) et l'action menée en faveur du français à l'étranger (312 AP 10 à 13), mais aussi sur l'action de Jean Zay dans le domaine des Beaux-arts (312 AP 7). Il contient de très nombreuses notes manuscrites de Jean Zay.

Ministère de l'Instruction publique : série F17 .

Cabinet du ministre de l'Éducation nationale, notamment F17 13332.

Conseil supérieur de l'Instruction publique, notamment F17 13653 à 13656 et F17 13670-13671.

Enseignement secondaire, notamment F17 13926.

Enseignement primaire, notamment F17 14235 à 14256.

Discours de Jean Zay, ministre de l'Éducation nationale : F17 15726.

Réforme du ministre Jean Zay : F17 17501.

Pillage et restitution des bibliothèques de Léon Blum, Georges Mandel, Jean Zay et de plusieurs personnalités françaises : F17 17977, 17981 et 17996.

Ministère des Beaux-arts : série F21 .

Bureau des travaux d'art, musées et expositions : F21 4005.

Expositions, notamment, pour l'exposition des arts et techniques de 1937, F21 4078, et, pour les prix décernés aux artistes, F21 4127-4128.

Musées nationaux et musées d'État relevant des Beaux-arts, notamment F21 4468 à 4499, 4906-4908 et 4899 à 4908.

Théâtres, notamment F21 4547 et 4637 à 4681.

Cinéma, notamment F21 4695.

Radiodiffusion : F21 4699.

Commandes et acquisitions d'œuvres d'art par l'État, notamment F21 4758 à 4762. Voir aussi base de données Arcade.

Commémoration de la Révolution française en 1939 : F21 4766.

Ministère du Commerce : série F12 .

Exposition des arts et techniques de 1937 : F12 12114 à 13086.

Secrétariat général du gouvernement et services du Premier ministre : série F60 .

Dossiers de Jean Locquin, délégué général de la Présidence du Conseil à l'exposition des arts et techniques de 1937 : F60 945 à 972.

Ministère de la Justice : série BB.

Feuille d'optant d'Élias Michel Zay (1872) : BB31 503.

Correspondance de la direction criminelle sur les affaires financières, notamment l'affaire Stavisky et les événements du 6 février 1934 : BB18 6713 à 6805, dossiers 86 BL.

Correspondance avec la Haute Cour de justice avec les commissions d'enquêtes parlementaires, notamment sur l'affaire Stavisky et les événements du 6 février 1934 : BB30 1586 et 1587.

Correspondance de la direction criminelle relative à l'assassinat de Jean Zay et au procès de Charles Develle (1944-1952) : BB18 7125, dossier 8 BL 704.

Assemblée nationale : série C.

Commissions d'enquêtes, notamment sur l'affaire Stavisky et les événements du 6 février 1934 : C 15046 à 15103.

Fonds divers remis aux Archives nationales : série AJ.

Commissariat général aux questions juives et Service des restitutions : AJ38 1306 (pillage de la bibliothèque de Jean Zay à Paris) et AJ38 6424 (dossier comprenant l'inventaire du mobilier pillés par les Allemands et des procès-verbaux de restitution d'objets mobiliers en 1945 et 1946).

Comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale : AJ72 411 à 413 (papiers de Joseph Barthélemy notamment relatifs au procès de Riom), AJ72 1820 à 1823 (documentation sur l'affaire Stavisky et les ligues) et AJ72 1921 (dossiers sur Mornet, procureur général de la Haute Cour de justice).

Musée pédagogique : AJ71 1 à 90.

Fonds privés : séries AP, AR et AS.

Léon Blum : 570 AP 1 à 35.

Jacques Kayser : 465 AP 1 à 22.

Georges Mandel : 544 AP 1 à 79.

Édouard Daladier : 496 AP 1 à 67.

François de La Roque : 451 AP 1 à 286.

Robert Billecard : 323 AP 1 à 47.

Joseph Paul-Boncour : 424 AP 1 à 55.

Vincent Auriol : 552 AP 1 à 269, notamment 552 AP 1 à 35 fonds présidentiel.

Henri Pichot : 43 AS 1 à 9.

Fonds de l'agence Havas : 5 AR 1 à 524, notamment 5 AR 431 à 445.

Archives nationales de Fontainebleau.

Archives audiovisuelles du fonds 667AP/AV/146-667AP/AV/148

Archives de la sous-direction des personnes placées sous main de justice, ministère de la Justice, détention de Jean Zay (1937-1975) : 19970394, articles 1-16.

Dossier des Renseignements généraux sur Jean Zay (1943-1953) : 20050137, article 18, dossier 4007.

Archives du service central de documentation et de diffusion, ministère de l'Intérieur, enquêtes judiciaires relatives à l'assassinat de Jean Zay, 20050220, 1-3, 1940-1986.

Archives du Palais de la découverte (1900-1978) : 19900512, articles 1-101.

II. AUTRES SERVICES D'ARCHIVES

Archives départementales du Loiret (Orléans).

Fiche militaire matricule de Jean Zay : W 114939.

Jugements des tribunaux devant lesquels Jean Zay a plaidé entre 1928 et 1936 :

- tribunal correctionnel d'Orléans : U 30397 à 30428,

- tribunal civil d'Orléans : U 30074 à 30092,

- tribunal de commerce d'Orléans : U 40357 à 40368,

- justices de paix d'Orléans : U 18771 à 18828,

- conseil de préfecture interdépartemental du Loiret, Cher, Eure-et-Loir et Loir-et-Cher : U 77010 à 77011,

- cour d'appel d'Orléans : U 111412 à 111418,

- cour d'assises du Loiret : U 22706 à 22716.

Union des syndicats et Bourse du travail d'Orléans : 10 J, notamment 10 J 2 sur les activités des syndicats, 10 J 33 sur la chambre syndicale des ouvriers boulangers d'Orléans et du Loiret et 10 J 34 sur le syndicat des ouvriers boulangers.

Élections et dossier de Jean Zay député du Loiret : notamment 138 W 25723 et 25738.

Le Républicain orléanais et du Centre(1926-1936) : 4 Mi Pr 029 (microfilm).

Fonds de l'association des anciens élèves du lycée Pothier d'Orléans : 198 W 45177 à 45240.

Archives de Paris (Paris).

Jugement rendu par la 1ère Chambre du tribunal civil de la Seine le 12 mai 1948 entre Madeleine Zay et la Société nationale des entreprises de presse (S.N.E.P.) : 38 W 482.

Jugement rendu par la 1ère Chambre de la cour d'appel le 21 décembre 1949 entre Madeleine Zay et la S.N.E.P. : 1461 W 108.

Registre analytique du commerce : D33U3 1256.

- enregistrement du journal Je suis partoutsous le numéro 270280B.

- enregistrement de la liquidation de Je suis partoutsous le numéro 1315 .

Registre analytique du commerce : D33U3 1453.

- constitution de la S.N.E.P. le 24 octobre 1946 sous le numéro 315257B .

- réimmatriculation de la S.N.E.P. le 30 août 1956 sous le numéro 56B99545.

Dépôt d'archives de la justice militaire (Le Blanc, Indre).

Jugement rendu le 4 octobre 1940 par le Tribunal permanent de la 13e région séant à Clermont-Ferrand à l'encontre de Jean Zay, jugement annulé par arrêt de la Cour d'appel de Riom.

Jugement rendu le 24 février 1953 par le tribunal militaire permanent de Lyon à l'encontre de Célestin Desbard, Charles Develle, Henri Milou et Jocelyn Maret.

Archives du ministère des Affaires étrangères (La Courneuve).

Service des œuvres françaises à l'étranger (SOFE).

Récupération artistique : notamment dossiers sur la restitution des livres de Jean Zay entre 1947 et 1949 (dossier 33592 comprenant la liste des livres retrouvés en Allemagne et rendus à Madeleine Zay).

Centre de recherche de la Fondation nationale des sciences politiques (Paris), service des archives

Fonds Léon Blum de « Moscou ».

Pierre Cot : PC 1 à PC 8.

Édouard Daladier : 1 DV 1 à 3 DV 17.

Roger Genebrier : GE 1 à GE 42.

Jacques Kayser : KA 1 à KA 52.

François de la Rocque : LR 1 à LR 106.

Bibliothèque nationale de France (BnF) (Paris).

Département des manuscrits : fonds Jean Cassou NAF 28240.

Département des Arts et Spectacles :

- fonds Auguste Rondel, série R.

- fonds Louis Jouvet, LJ.

- fonds Charles Dullin, 4-COL-42 (Inv. 29).

- fonds Jacques Copeau, 4-COL-1 (Inv . 28).

Archives départementales autre que celles du Loiret.

Archives départementales de l'Aube : fonds Albert Sarraut (2 J).

Archives départementales de la Dordogne : fonds Yvon Delbos (64 J).

Archives départementales du Pas-de-Calais, Centre Mahaut d'Artois : fonds Albert Châtelet (81 J).

Archives départementales du Puy-de-Dôme : archives de la maison d'arrêt de Riom (2 Y).

Médiathèque d'Orléans (Orléans).

Le Progrès du Loiretet La France du Centre(1926-1936) : R1011 (microfilm).

Archives Gaumont-Pathé.

En raison de l'importance des photographies présentes dans les papiers Jean Zay, il a paru utile de préciser le détail des archives conservées par Gaumont-Pathé.

La 15e législature. Les nouveaux élus de la chambre des députés : Jean Zay, Gaston Monnerville et Pierre Mendès France, 1er juin 1932, PJ 1932 134 11.

Rassemblement pour la paix à Saint-Cloud, 12 août 1936, PJ 1936 353 2.

Membres du gouvernement du Front populaire à Biarritz, 30 octobre 1936, PJ 1936 353 2.

Inauguration d'un lycée à Auxerre, 4 novembre 1936, PJ 1936 365 12 et 3645GM 02136.

Inauguration du lycée de garçons et l'école pratique d'industrie, 6 novembre 1936, 3645GJ 00002.

Exposition universelle des arts et techniques, inauguration du pavillon de l'enseignement, 1937, 3729GJ 00002.

Voyage à Moscou, 1937, 3700ENU27514.

Visite du premier de l'an à l'Élysée avec Léon Blum, Édouard Herriot et Pierre Cot, 7 janvier 1937. PJ 1937 374 1.

Inauguration de l'École normale, rue d'Ulm, 20 mai 1937, PJ 1937 3938.

Examen par le Conseil des ministres au palais de l'Élysée du projet concernant la création de la Société Nationale des Chemins de Fer, 1er septembre 1937, 3736EJ 27252.

Congrès radical socialiste. Édouard Daladier entouré de Jean Zay, Pierre Cot, Georges Bonnet et Camille Chautemps, 4 novembre 1937, PJ 1937 417 9, 3700GDOC 00005 et 3700ENU27471.

Inauguration du 15e Salon des arts ménagers, 2 février 1938, 3805GJ 00002 et 3805EJ 28197.

Visite du collège français Saint-Marc d'Alexandrie (Égypte), 16 février 1938, 3807EJ 28279.

Exposition d'art français au Caire, 23 février 1938, 3808EJ 28280 et PJ 1938 432 17.

Gouvernement Édouard Daladier, 13 avril 1938, 3815EJ 28659 et 3800ENU28792.

Voyage du président Lebrun à Saint Brieuc avec Jean Zay et Guy La Chambre, 1er juin 1938, PJ 1938 447 17.

Centenaire de la Société des gens de lettres, 8 juin 1938, PJ 1938 448 13.

Fêtes de la jeunesse au jardin d'acclimatation, 29 juin 1938, PJ 1938 451 1

Fête des vins avec Édouard Daladier à Avignon, 3 août 1938, PJ 1938 456 1.

Inauguration du refuge Vallot et ascension du Mont Blanc, 24 août 1938, 3834GJ 00012, 3834EJ 29363 et PJ 1938 459 7

Inauguration d'un pavillon au musée franco-américain avec William Bullitt, ambassadeur des États-Unis, 14 septembre 1938, 3837GJ 00001.

Rentrée de la Chambre des députés, 12 octobre 1938, PJ 1938 466 6.

Tirage de la loterie nationale, 9 novembre 1938, PJ 1938 470 5.

Championnats militaires de ski avec les explorateurs Paul-Émile Victor et Michel Perez, 22 février 1939, 3908EJ 30035.

Réélection du président Lebrun, allocution au Jeu de Paume, 5 avril 1939, PJ 1939 491 SUP.

Fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans, 10 mai 1939, PJ 1939 496 18.

Discours de Jean Zay, s.d., Pers Z1161.

Visite du château de Versailles par M. Rockefeller, 8 juillet1936, PJ19363486.

Visite du Président de la République à Bourges, 22 juin 1938, PJ 1938 450 11.

« Lorsque Roussin paraît », 29 mai 1974, 1974 21 3.

Voir également

Archives de l'Opéra (Paris) : fonds Rouché, LAS, Rés. X, Arch. Opéra 20.

Archives du musée national d'histoire naturelle (Paris) : fonds Paul Rivet, 2 AP 1 C.

M.U.C.E.M., anciennement archives du Musée des arts et traditions populaires (Paris) : fonds Georges-Henri Rivière.

Archives du C.N.R.S. (Paris) : en cours.

Archives de l'Académie des sciences à l'Institut de France (Paris) : fonds Jean Perrin (1870-1942), 54 J 6.

Archives de l'Institut Curie : fonds Irène et Frédéric Joliot-Curie NAF 28161.

Archives du Grand Orient de France (Paris) : fonds des correspondances du Grand Orient avec les loges, loge Étienne Dolet d'Orléans (1924-1939), boîtes 1540 et 1541.

Bibliothèque de documentation internationale contemporaine :

- Fonds de la Ligue des droits de l'homme (1898-1940) : référence F delta rés. 798 / boites 1 à 659.

- Section des manuscrits littéraires français du XXe siècle du centre de recherche bretonne celtique : manuscrit autographe sur l'inauguration d'un monument par Jean Zay le 22 août 1937, PJ H 36 M646 ; hommage à Jean Zay, juin 1947 ; discours de Blum sur la tombe de Jean Zay, mai 1948, 4 BL 7.

Archives de la direction des musées nationaux (Paris) : notamment sur l'exposition de 1937 et sur le pillage de l'appartement de Jean Zay.

Musée national de l'Éducation (Rouen) : dossier sur la réforme de l'enseignement par Jean Zay, 1 7 02 00 (Inv. 2009-03020).

Mémorial de la Shoah (Paris) : notamment une photo de Jean Zay à Riom.

Centre de conservation et de consultation du Musée de la résistance nationale (Champigny-sur-Marne) : notamment papiers sur Jean Cassou.

Association des amis de Jean Zay (Orléans).

Cercle Jean Zay (Lycée Jean Zay, Orléans).

Archives municipales de Cusset (Allier) : exhumation, cérémonie commémorative du 21 juin 1950, témoignages et monument de Cusset, 1 M.21/1 - 1 M.21/2.

Archives municipales de Sancoins (Cher).

Publication note

ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE

I. ÉCRITS DE JEAN ZAY

DUPARC(Paul), La Bague sans doigt, Paris, Séquana, 1942.

ZAY (Jean), Souvenirs et solitude, préface de Jean Cassou, Julliard-Séquana, 1946.

ZAY (Jean), Souvenirs et solitude, préface de Pierre Mendès France, introduction et notes d'Antoine Prost, Le Rœulx, Talus d'approche, 1987.

ZAY (Jean), Chroniques du Grenier, Orléans, Éd. L'Écarlate, 1995.

BERNARD (Gilles), Bleu horizon : témoignages de combattants de la guerre 1914-1918, suivi de Le Familierde Jean Zay, fac-similé de la version intégrale du journal manuscrit de Jean Zay (été-automne 1918), introduction par Olivier Loubes, Portet-sur-Garonne, éditions Empreinte, 2001.

ZAY (Jean), Souvenirs et solitude, préf. de Pierre Mendès-France, introduction et notes d'Antoine Prost, Le Rœulx, L'Aube-Talus d'approche, 2004 [réédition].

À cette liste on ajoutera, bien que ce soit une publication illicite dont la conformité au manuscrit de Jean Zay lui-même est impossible à préciser :

ZAY (Jean), Carnets secrets de Jean Zay (de Munich à la guerre), publiés et commentés par Philippe Henriot, Paris, Les Éditions de France, 1942.

II. AUTRES OUVRAGES ET TRAVAUX SUR JEAN ZAY

AGUINALIN (Pierre-Olivier), Le Barreau au service d'une ambition politique : Maître Jean Zay à Orléans dans les années trente, Labyrinthe, 6/2000, p. 124-125.

CHAVARDES (Maurice), Un ministre éducateur : Jean Zay, Paris, Institut pédagogique national, 1965.

GIRARD (Pierre), « Jean Zay entre Jeunes-Turcs et Jeunes radicaux », dans Bulletin de la Société d'Histoire moderne et contemporaine, 1995/1-2.

GIRARD (Pierre), « Les Projets constitutionnels de Jean Zay », dans Histoire@Politique, Politique, culture, société, revue électronique du Centre d'histoire de Sciences-Po, n°1, mai-juin 2007.

Instructions relatives à l'application des arrêtés du 30 août 1937 et du 11 avril 1938 fixant les programmes de l'enseignement du second degré (enseignement secondaire et enseignement primaire supérieur),brochure publiée par le ministère de l'Éducation nationale.

KAROUTCHI (Roger), BARBEAU (Olivier), Jean Zay, 1904-1944, ministre de l'Instruction publique du Front populaire, résistant, martyr, Paris, Ramsay, 2006.

LOUBES (Olivier), « Jean Zay, une résistance déplacée », dans Jean-Marie GUILLON et Pierre LABORIE (éd.), Mémoire et histoire : La Résistance, Toulouse, Privat, 1995.

LOUBES (Olivier), « Jean Zay, une résistance déplacée ? Parcours de reconnaissance 1940-199... », colloque de Toulouse, La Résistance et les Français, histoire et mémoire,décembre 1993.

LOUBES (Olivier), « D'un drapeau l'autre. Jean Zay (1914-1940) », dans Vingtième siècle, revue d'histoire, n° 2001/3, 2001.

LOUBES (Olivier), « Portrait d'un 'fou de la République' : Jean Jay, réformateur de l'école, protestant réformé et cible de l'antisémitisme », dans Bulletin de la Société historique protestante française, janvier-mars 2008, p. 61-74.

LOUBES (Olivier), « Jean Zay, ou le destin brisé du Front populaire », dans L'Histoiren° 309, mai 2006.

LOUBES (Olivier), L'École et la patrie. Histoire d'un désenchantement. 1914-1940. Paris, Belin, 2001.

MARLIN (François), L'Action politique de Jean Zay dans le Loiret (1932-1939), mémoire de maîtrise soutenu à l'Université d'Orléans, 1988.

Programmes et instructions de 1938. Horaires des écoles primaires,édité par la Fédération générale des pupilles de l'École publique, Paris, Éditions Bourrelier, 1938.

PROST (Antoine, sous la direction de), Jean Zay et la gauche du radicalisme, Paris, Presses de Sciences Po, 2003.

RUBY (Marcel), La Vie et l'œuvre de Jean Zay, Paris, Impr. Beresniak, Marcel Ruby éd., 1969.

III. CATALOGUES D'EXPOSITIONS

Association des amis de Jean Zay, Jean Zay : 1904-1944, Paris, Musée pédagogique, 1954.

Exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne (Paris 1937), Paris, Imprimerie nationale, 11 vol., 1938.

FLONNEAU (Jean-Marie), Jean Zay et l'œuvre scolaire du Front populaire dans le Loiret, Conseil général du Loiret, 1982.

GIRARD (Pierre), Jean Zay, 1904-1944, catalogue de l'exposition du cinquantenaire, Orléans, Diffusion Sudel, 1994.

Le Front populaire et l'art moderne : hommage à Jean Zay, Orléans, Musée des Beaux-Arts, 1995.

IV. BIBLIOGRAPHIE COMPLEMENTAIRE

AZEMA (Jean-Pierre), De Munich à la Libération, 1938-1944, Paris, Seuil, 1979.

BERSTEIN (Serge), Histoire du parti radical, t. 1, La recherche de l'âge d'or, 1919-1926, Paris, Presses de Sciences Po, 1980 ; t. 2, Crise du radicalisme, Paris, Presses de Sciences Po, 1982.

BERSTEIN (Serge), La France des années trente, Paris, Colin, 1993.

BERSTEIN (Serge), Léon Blum, Paris, Fayard, 2006.

CONDETTE (Jean-François), Albert Châtelet, La République par l'École (1883-1963), Artois Presses Université, 2009.

CONGAR (Yves), Journal de la guerre 1914-1918, annoté et commenté par Stéphane Audouin-Rouzeau et Dominique Congar, Paris, Éditions du Cerf, Paris, 1997.

JACKSON (Julian), The Popular Front in France : defending democracy, 1934-38, Cambridge ; New York : Cambridge University Press, 1988.

JACKSON (Julian), La France sous l'Occupation (1940-1944), trad. par Pierre-Emmanuel Dauzat, Paris, Flammarion, 2004.

JANSEN (Sabine), Pierre Cot, un itinéraire politique du radicalisme au progressisme, thèse sous la direction de Jean-Marie Mayeur, Institut d'études politiques, Paris, 2000.

LACHAISE (Bernard), Yvon Delbos, biographie 1885-1956, Paris, Fanlac, 1993.

LASNIER (Yann), Léo Lagrange, l'artisan du temps libre, Paris, Éd. Bruno Leprince, 2007.

LE BEGUEC (Gilles), L'entrée au Palais-Bourbon. Les filières d'accès à la fonction parlementaire (1919-1939), thèse d'État sous la direction de René Rémond, Paris X-Nanterre, 1989.

MARGAIRAZ (Michel), TARTAKOWSKY (Danielle), avec la participation de LEFEUVRE (DANIEL), « L'Avenir nous appartient », Une histoire du Front populaire, Paris, Larousse, 2006.

MAYEUR (Jean-Marie), « Une bataille scolaire : les catholiques alsaciens et la politique scolaire du Front populaire », dans Cahiers de l'association universitaire de l'Est, « Études politiques 1961 », 1962, p. 85-101.

MAYEUR (Jean-Marie), La Vie politique sous le IIIe République (1870-1940), Paris, Seuil, 1984.

Ministère de l'Éducation nationale, Rapport sur l'administration et la conservation des musées nationaux pendant l'année 1936 et pendant l'année 1937 (janvier-octobre), Paris, Imprimerie des Journaux officiels, 1938.

ORY (Pascal), La Belle illusion. Culture et politique sous le signe du Front populaire, Paris, Plon, 1994.

PAXTON (Robert O.), La France de Vichy, 1940-1944, préface de Stanley Hoffmann, Paris, Le Seuil, 1999 [réédition].

RIMBAUD (Christiane), L'Affaire du Massilia, été 1940, Paris, Seuil, 1984.

ROUSSEL (Éric), Le naufrage, Paris, Gallimard, 2009.

TALBOTT (John E.), The Politics of Education Reform in France, 1918-1940, Princeton, New Jersey, Princeton University Press, 1969.

Physical description

23 ml

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