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Fonds de l'Hôpital Sainte-Eugénie

1866-1979
Rédigé par M. Douvegheant (Service central des Archives des Hospices civils de Lyon) en 2002. Révisé par Morgane Coudereau (Archives municipales de Lyon) en 2015.
2015
Archives municipales de Lyon.
(1 place des Archives, 69002 Lyon, France)
Instrument de recherche rédigé en français

Scope and content

Ce fonds couvre la période de 1866 à 1979. La série K, qui concerne le personnel de l'hôpital, est un peu plus complète que celle du fonds Jules Courmont. On trouve par exemple de nombreux renseignements sur le personnel administratif, médical et la communauté religieuse depuis l'ouverture de l'asile en 1867. La sous-série 1 K regroupe les documents concernant à la fois le personnel médical, religieux et laïc. Les autres sous-séries les divisent ensuite. La correspondance et les circulaires, classées dans la série L « Administration générale » présentent également des séries continues jusque dans les années 1950. Cette correspondance se présente sous forme de registres classés en fonction du service expéditeur et du type de correspondance : envoyée « départ » ou reçue. L'ensemble des titres de propriété relatifs au domaine de Longchêne avant son acquisition par les Hospices Civils de Lyon, est conservé dans la série N « Capital, immobilisation », sous-série 1 N « Propriété ». On retrouve ainsi des documents remontant à 1662. Les documents de comptabilité sont classés dans la série M « Financement » pour les registres des dépenses classées par articles du budget, et dans la série P « Comptabilité de l'économat ». Cette dernière regroupe l'ensemble des documents de gestion quotidienne produits par l'économe. On trouve donc les livres de caisse, les carnets des fournisseurs, ou encore le journal général servant à enregistrer jour par jour les entrées et les sorties des denrées et objets de toutes natures, des tableaux récapitulatifs de consommation (alimentation et combustibles). La série S « Aumônerie », même si elle ne comporte que des documents antérieurs à 1900 pour la plupart, fournit des indications précieuses sur la vie religieuse de l'hôpital. Certaines séries du fonds Sainte-Eugénie sont lacunaires. Les archives de ce fonds permettent toutefois d'envisager une étude assez précise sur l'Etablissement. Les questionnaires sur son organisation générale (1870 et 1887) et les comptes-rendus annuels (1949-1979) constituent des documents de première main sur le fonctionnement de l'Etablissement. Plusieurs sources abordent également la vie religieuse d'une manière détaillée, comme la sous-série 3 K « Personnel religieux » et la série S « aumônerie » : on trouve notamment des registres de la chapelle décrivant les différentes cérémonies religieuses, l'inauguration d'ornements ou l'installation d'aumôniers. On pourra particulièrement envisager l'étude de la vie hospitalière à Sainte-Eugénie durant la seconde guerre mondiale grâce à plusieurs documents très précieux comme les registres des faits marquants de 1914 à 1946 ou les tableaux récapitulatifs de consommation de nourriture et de vin. Quant aux sources complémentaires liées au fonds Sainte-Eugénie, elles sont peu nombreuses. De nombreux documents sont conservés dans le fonds de l'administration centrale, le fonds des domaines, du service des travaux, du bureau du personnel des Hospices Civils de Lyon et de l'actuelle direction du personnel et des affaires sociales. Enfin, la consultation du fonds Jules Courmont peut être utile dans le domaine des services médicaux puisqu'avant leur fusion, les deux hôpitaux ont possédé à certaines époques des services complémentaires.

Records creator's history

L'asile Sainte-Eugénie, ouvert le 27 mai 1867, est fondé à l'initiative de l'impératrice Eugénie. Au cours d'un voyage à Lyon en 1866, elle visite l'Hôtel-Dieu et l'hôpital de la Croix-Rousse ; l'impératrice s'intéresse alors aux malades et aux blessés qui, après leur hospitalisation, sont obligés de rentrer chez eux et de reprendre leur travail, sans période de convalescence.

Or, Napoléon III avait fondé à Vincennes, dix ans plus tôt, un asile de convalescents pour remédier à cette situation.

L'impératrice décide de suivre cet exemple et fait don aux Hospices civils de Lyon, par l'intermédiaire du préfet Chauveau, d'une somme de 200 000 F. Le conseil d'administration des Hospices décide alors d'acheter le domaine de Longchêne, à Saint-Genis-Laval, en vente à cette époque.

Ce domaine, composé au XVIIème siècle d'une grande maison de maître, d'un bâtiment pour les valets et cultivateurs, d'une remise, d'une écurie, d'une chapelle, d'un lavoir et de bassins, de bois, de jardins et de vigne, appartenait à la famille Longchêne. En 1720, Pierre Presle, qui a acheté la terre à Bullion de Lonchesne, la vend à Pierre Debelloy, déjà propriétaire des fiefs et terres de la Sarra, domaine contigu à Longchêne. Les deux domaines réunis ne forment désormais qu'une seule et grande propriété, close de murailles et de haies, d'une superficie de 10 hectares environ. Pendant 150 ans, ce domaine se maintient sans grandes modifications, changeant de propriétaires une dizaine de fois jusqu'en 1866.

Ces propriétaires louent parfois une partie du domaine. C'est ainsi que le domaine est loué en 1849 au docteur Lubanski qui ouvre un établissement hydrothérapique (Gazette médicale de Lyon, 28 février 1850). L'établissement change de direction en 1857, avec l'arrivée du docteur Gillebert d'Hercourt, grand spécialiste de l'hydrothérapie en France. Il semble que l'établissement d'hydrothérapie de Long-Chêne (c'est ainsi qu'il s'orthographie alors) ait connu un grand succès dans les années 1850. L'annuaire indicateur de Lyon ne le mentionne pas une fois durant son existence, alors que le docteur Gillebert d'Hercourt est répertorié dès 1857 comme "directeur de l'établissement hydrothérapique du château de Long-Chêne à Saint-Genis-Laval, près Lyon". C'est dans l'annuaire indicateur de Lyon de 1868 que l'article concernant la commune de Saint-Genis-Laval mentionne pour la première fois l'existence autrefois d'un "établissement hydrothérapique très fréquenté". Le nouvel établissement reçoit 93 convalescents hommes, répartis en chambres de quatre à huit lits.

A la fin du XIXème et au début du XXème, deux généreuses donations permettent aux Hospices civils de construire des bâtiments nouveaux. Deux pavillons sont ainsi construits en 1895, grâce aux libéralités de Mme Perret. Destinés à recevoir des enfants convalescents, garçons et filles, ces nouveaux bâtiments portent le nom d'asile Paul-Michel Perret. En 1901, une donation de deux millions de francs est faite aux Hospices en vue de créer une nourricerie destinée aux enfants prématurés nés dans les maternités des Hospices. Construite entre 1903 et 1905, la nourricerie Rémond porte le nom du fils du généreux donateur. Elle est constituée de trois pavillons pouvant abriter chacun 48 berceaux et 24 nourrices.

Dès 1922, l'hospice Sainte-Eugénie prend en charge le traitement des femmes tuberculeuses. Elles sont d'abord logées dans des baraquements ; puis, en 1932, un nouveau pavillon est construit à leur intention. Ce pavillon prend le nom de Désiré de Fortunet et accueillera la chaire de clinique et de prophylaxie de la tuberculose créée à la faculté de médecine pour le professeur Paul Courmont, avant qu'elle ne soit transférée au Perron en 1941.

En 1935, l'ancien asile prend le titre d'hôpital-sanatorium, réservé aux convalescentes femmes. La nourricerie Rémond est supprimée en 1938 ; les enfants qu'elle abritait sont transférés à l'hôpital Debrousse et les locaux affectés à des malades tuberculeuses. Au moment de la guerre et de l'occupation allemande, une petite salle d'opération est installée. Elle rend quelques services au moment de la libération de Lyon pour l'hospitalisation et le traitement des blessés français et allemands.

En 1946, l'hôpital Sainte-Eugénie devient centre de phtisiologie pour femmes, tandis que le Perron devient centre de phtisiologie pour hommes. L'hôpital dispose alors de 458 lits, dont 100 réservés à des convalescents non tuberculeux. Progressivement, le nombre de tuberculeux diminue ; l'hôpital Sainte-Eugénie se transforme et le service de phtisiologie, important en 1965, devient un service de pneumologie sous l'impulsion du docteur Jacques Brun.

Le service des convalescents se transforme en service de médecine générale puis en service d'endocrinologie. Le service comprenant les pavillons Paul-Michel Perret est transformé, quant à lui, en service de pédiatrie.

En 1976, s'ouvre l'école d'infirmière. « Le développement de cet hôpital, au plan de l'hospitalisation, ne s'est pas accompagné d'un développement identique sur le plan technique et dans beaucoup de domaines l'hôpital Sainte-Eugénie reste tributaire de son voisin l'hôpital Jules Courmont ».

C'est pour cela que les deux hôpitaux sont réunis en 1979 et forment désormais le centre hospitalier Lyon Sud. (A.BOUCHET (dir.), La médecine à Lyon des origines à nos jours, fondation Marcel Mérieux, Lyon, éditions Horvas, 1987, p. 124

Archival history

Les archives de l'hôpital Sainte-Eugénie sont versées au service central des archives avec celles de l'hôpital Jules Courmont en 1986. Il existe un bordereau très sommaire établi par l'administration. La plupart des documents ont été produits par l'administration de l'Etablissement, par l'économe en particulier et le personnel religieux. Certains documents proviennent de l'administration centrale.

Appraisal

Au cours du classement du fonds, 0,28 mètres linéaires au total ont été éliminés. Il s'agit de documents conservés en double sous d'autres formes, comme les registres à souche des dépôts ou les documents concernant le personnel.

Source of acquisition

Versement par les Hospices Civils de Lyon aux Archives municipales de Lyon. Les HCL restent propriétaires de leurs fonds et les AML en assurent la gestion (convention de gestion du 17 septembre 2007, valable pour une durée de 25 ans).

System of arrangement

Le fonds est classé en séries thématiques selon le cadre de classement des archives hospitalières du 11 mars 1968 (arrêté portant règlement des archives hospitalières).

Conditions governing access

Le régime commun est la libre communicabilité des archives publiques. La loi du 15 juillet 2008 fixe des délais de communicabilité en considération des intérêts qu'elle entend protéger : vie privée, informations médicales& Les documents comportant des renseignements individuels à caractère médical sont communicables 25 ans à compter de la date du décès de l'intéressé, ou, si la date de décès n'est pas connue, 120 après la naissance. Les dossiers individuels de personnel ne sont communicables qu'au terme d'un délai de 50 ans après la date de clôture du dossier, voire 120 ans, à compter de la date de naissance de l'intéressé. Enfin, les registres et répertoires des entrées sont communicables 50 ans après leur clôture. Les registres des naissances et des décès, s'ils ne comportent pas de données médicales, peuvent être communiqués 50 ans à compter de leur clôture.

Conditions governing reproduction

La reproduction des documents est autorisée sous conditions. Toute réutilisation, notamment pour une publication, une exposition, une diffusion plus large, doit faire l'objet d'une demande de réutilisation des données publiques.

Other finding aids

Le lecteur peut se reporter aux autres instruments de recherche des archives des Hospices Civils de Lyon.

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Sources complémentaires : 

Existence and location of originals

Archives municipales de Lyon

Publication note

General remarks

Language of the material

Français

Records creator

Hôpital Sainte-Eugénie