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F/90/19000-F/90/19104

Administration des postes

Répertoire (F/90/19000-F/90/19104)
1700-1940
Par Odile KRAKOVITCH
1999
Archives Nationales

Scope and content

Introduction

L'état des fonds des postes et télégraphes aux Archives nationales.

Les archives des postes et télégraphes qui constituent aux Archives nationales la sous série F 90 sont formées de deux fonds distincts et séparés aussi bien par leur nature, que par les lieux de conservation et leur classement : celui des télégraphes officiels, F/90/ 9 à 14519, actuellement conservé sur le site de Pierrefitte-sur-Seine, et celui de l'administration des postes, inexistant pratiquement jusqu'en 1960, date du dépôt de plus de deux cent cinquante articles environ, que l'on choisit de coter de façon très différenciée des télégraphes, en partant de F/90/20000 ; ce fonds administratif, F/90/20001-20261, aujourd'hui conservé à Pierrefitte-sur-Seine, continue d'être régulièrement approvisionné par la mission des archives du ministère des P.T.T., devenue le service national des archives de La Poste.

Cette grande coupure dans les cotes et dans les lieux de conservation, entre fonds des télégraphes et fonds de l'administration des postes, comporte cependant une exception : les seize cartons et le registre, cotés F 90 1 à 8 (9), concernant les décisions administratives générales, imprimés et circulaires sur les postes de 1790 à 1853, c'est-à-dire la période précédant la généralisation voulue par le prince Bonaparte du télégraphe électrique et la fusion un peu plus tard, en 1878, des administrations des télégraphes et des postes.

Mais si -peu d' archives pour une administration qui employait un personnel de tout temps très nombreux, grande productrice par ail1eurs de papiers et de circu1aires, il y avait de quoi s'inquiéter, comme le souligne Pierre Cézard dans son introduction au Répertoire numérique de F/90/20001- 20621(Pierre Cézard, Répertoire numérique de F/90/20001- 20621, manuscrit dactylographié, 102 p). Une mission fut en conséquence organisée à partir de 1960, au Ministère des PTT. Auparavant, en 1936, un décret avait bien été pris, créant une liaison annuelle entre les Archives nationales et le Ministère, pour le versement des archives des PTT qui " déménageaient ". Mais les destructions n'en continuèrent pas moins, surtout durant la guerre de 1939-1945, mais aussi auparavant, favorisées d'une part par des catastrophes dont l'inondation en 1910 des bâtiments de la rue de Grenelle, et d'autre part effectivement par des déménagements successifs. Il suffit, pour mesurer l'ampleur des dégâts, de reprendre ce qu'en dit Pierre Cézard :" le pire, c'est que la plupart des rédacteurs perdirent complètement la notion de "papiers d'Etat ", et ne se sentirent plus tenus de- conserver des documents qu'ils jugeaient périmés. Le souci de la rentabilité dans une exploitation quasi, commerciale, d'efficacité dans la gestion, poussa les administrateurs à ne pas s'encombrer de papiers devenus inutile ".

Heureusement la " grande circulaire ", pour reprendre encore une fois les termes de Pierre Cézard fut promulguée le 5 juin 1962, précisant, pour chaque service, les documents à conserver, leur durée de maintien dans les bureaux, leurs destinations finales (Archives nationales ou pilon). Il s'agissait également de tenter de reconstituer une partie des archives anciennes qui pouvaient avoir été conservées dans les services. Cette chasse aux documents eut pour effet le versement de ce qui constitue aujourd'hui le fonds dit administratif cité plus haut, c'est-à-dire le début de la seconde partie de F 90, à partir de la cote 20000. On procéda à des récupérations importantes, en particulier celles des registres manuscrits ouvrant le fonds concernant les Conseils des Postes de 1738 à 1879, soit F 90 20001 à 20197 ; la correspondance de la Surintendance des Postes (1741-1761) et les Mémoires de la Ferme générale des Postes (1731-1761) furent également retrouvés dans la bibliothèque du Ministère. Le fonds de l'administration des Postes pour la période contemporaine, à partir de la Révolution, débute en conséquence à la cote F 90 20243 seulement, par une importante série de correspondances et surtout de circulaires, d'arrêtés et de décrets. Les dossiers de personnel apparaissent avec le carton F 9020433, pour des fonctionnaires nommés à la fin du XIXo siècle. Le fonds" historique ", de récupération, s'achève à la cote F 90 20549.

Malgré cet apport très important concernant les décisions prises au niveau national, manquaient à cet ensemble les archives administratives des divisions départementales, ainsi que toutes les archives se rapportant en particulier à la gestion du personnel, pour l'ensemble des gouvernements qui se succédèrent au cours du XIXe siècle, à partir de la Révolution. Les premiers registres et cartons cotés F/90 20001 à 20550 avaient, il faut le souligner, un caractère de collections, conservés longtemps, on l'a vu, par la Bibliothèque de l'administration centrale des PIT, pour fournir une documentation précise et organisée, répertoriés davantage sous la forme de catalogues que d'inventaires.

Le versement F/90/19000-19104.

C'est également sous le forme d'une collection que fut versé, en juin 1998, un important ensemble de 160 cartons, provenant lui aussi de la Bibliothèque du Ministère des Postes et Télécommunications, mais entreposé, sans que l'on sache à la suite de quel déménagement, dans les caves de la Bibliothèque du Ministère de l'industrie. De cet ensemble, ne furent conservés que 104 articles, après l' élimination, par nos soins, des doubles multiples des circulaires imprimées tout au long du XIXe siècle ; il suffisait, en effet, de ne conserver qu'un seul exemplaire, d'autant plus que la Bibliothèque du Ministère des postes en possède déjà plusieurs collections complètes, recensées et reliées.

Après réflexions, il fut convenu de classer la principale partie de ce fonds dans la sous série F 90, tout au moins les documents concernant l'Ancien Régime et le XIXe siècle. Cette décision fut prise de préférence à un versement dans la sous série G 1 pour la partie ancienne, solution qui aurait eu les inconvénients, d'une part, de dissocier l'ensemble et, d'autre part, de laisser entier le problème de la destination des documents post révolutionnaires ; elle fut jugée également préférable à un versement dans la sous série AD XIX M, solution qui aurait convenu pour la plus grosse masse des documents, à savoir pour les circulaires imprimes mentionnées plus haut, mais qui aurait laissé de côté la partie la plus originale du fonds, les documents. manuscrits. De plus, la sous série F 90, bien que normalement destinée aux versements post-révolutionnaires, contenait déjà, on l'a vu, les importants fonds de la Ferme générale, de la Régie et du Directoire des Postes, concernant tous le XVIIIe siècle ; enfin, elle présentait l'avantage d'avoir une grande disponibilité de cotes laissées vacantes par le parti pris de commencer la cotation des documents de l'administration des postes à F/90/20000. L'intégration à partir de la cote F 90 19000 fut préférée au classement du fonds à la suite des versements réguliers du Ministère des postes, car ces documents de l'Ancien Régime et du XIXe siècle se seraient trouvés perdus au milieu de versements les plus contemporains comme ceux concernant les câbles ou encore le personnel de l'après guerre.. La solution adoptée permettait une visibilité plus grande et immédiate de ce fonds, essentiel pour l'histoire des postes avant le XXe siècle et les grandes transformations techniques.

Il fut décidé, en revanche, de faire un sort particulier aux 41 cartons concernant la Seconde Guerre Mondiale qui terminaient le versement provenant du Ministère de l'industrie. La Section du XXe siècle du Centre Historique des Archives Nationales décida de l'intégrer, justement en raison de son caractère de collection encore plus accentué que dans le reste du fonds, et de sa limitation très précise dans le temps, à savoir la Seconde Guerre, à la sous série 72 AJ (Le répertoire numérique détaillé de ces 41 cartons a été rédigé par Patricia Gillet. TI est intégré en annexe au répertoire présent) , plus précisément sous les cotes 72 AJ 2220 à 2261. La sous série 72 AJ fut en effet créée pour recevoir les versements opérés par le Comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale (Sur les postes durant cette période, voir aussi le carton F 90 21627 : historique de la poste sous l'Occupation), pour des fonds souvent artificiels, davantage constitués de papiers d'érudits et de documentations élaborées en vue de la rédaction d'ouvrages sur cette période que de fonds d'archives proprement dits. Les 41 cartons versés par le Ministère de l'industrie correspondaient exactement à cette caractéristique : ils furent visiblement rassemblés pour servir de documentation à la rédaction d'une histoire de l'administration des PTT durant la Seconde Guerre. Il fut donc jugé préférable, là encore pour la visibilité du fonds, de l'intégrer à cet ensemble uni, non seulement par la nature et la période concernée, mais aussi par la provenance : un grand nombre de documents conservés dans 72. AJ traitent en effet des postes, alors que le principal de la documentation classée dans F 90 s'arrêtant, on l'a vu, au début de la Troisième République, ces cartons sur les postes durant la Seconde Guerre se seraient trouvés dissociés, perdus s'ils avaient été mis à la suite de F 90 19104 et de la longue série d' articles sur le XIXe siècle.

L'administration des PTT, afin de pallier le désintérêt des directions successives envers l'histoire et le passé du ministère, eut la chance, pour les deux fonds des télégraphes et de l'administration, de pouvoir s'appuyer sur des érudits dévoués qui sauvegardèrent, au prix d'un travail gigantesque, les trésors que constituent ses archives. Les deux conservateurs travaillèrent à peu près aux mêmes époques, durant l'entre-deux guerres, dans les années 1930. Pour les télégraphes, ce fut Ritter qui classa, pièce par pièce, plus de 50000 télégrammes (53000, affirme-t-il plus exactement dans son introduction à l'Etat des versements)(Etat sommaire des versements des ministères aux Archives nationales. sous série F 90, introduction par Georges Ritter et Jacqueline Chaumié, T.nI, p. 439-444.) pour la seule première moitié du XIXe siècle, source d'informations d'une richesse encore méconnue ; pour le fonds de l'administration, ce fut Vaillé qui constitua, probablement de sa propre initiative et à partir de ses seuls critères de choix et de sélection, dans le but louable de sauvegarder ce' qui pouvait l'être des archives anciennes, une collection relativement donc artificielle, puisque le principe en reposait non pas sur une collecte organisée et volontaire de documents produits par les bureaux du ministère, mais sur le sauvetage opéré par un seul conservateur, Vaillé, puisant dans les fonds oubliés et négligés de la Bibliothèque du. Ministère des PTT. Alors collection artificielle créée par un érudit passionné ou reconstitution a posterioride ce qui fut un temps les réelles archives des XVIIIe et XIXe siècles ? Il est difficile de trancher, et peu importe, en définitive. Il est sûr en tout cas que ces 104 cartons représentent ce qu'aurait été le contenu d'un versement organisé des archives des postes avant et après la Révolution : elle constitue la base indispensable, que l'on pensait à jamais perdue, de tout travail historique sur les postes avant le XXe siècle. Mais en même temps, y a-t-il eu de la part de Vaillé un choix délibéré, des destructions, et quel choix, quelles destructions ? On ne le saura jamais. Une seule chose est certaine, c'est que, passionné par l'intérêt du fonds, Vaillé en entreprit un inventaire analytique, c'est-à-dire pièce à pièce, pour ce qui concerne les documents manuscrits. Pour les pièces imprimées, Vaillé s'appuya sur les collections très riches conservées à la Bibliothèque du Ministère, se référant constamment aux classements qui y étaient opérés, preuve supplémentaire, s'il en était besoin, de son appartenance au corps des bibliothèques, preuve également de sa formation et de son attachement aux principes de catalogage plus qu'à ceux du classement archivistique.

Vaillé commença par diviser l'ensemble du fonds en tranches chronologiques, correspondant aux différents gouvernements que connut la France, de l'Ancien Régime à la Troisième République. Ainsi la série B contenait les documents correspondant à l'Ancien régime,1a série C à la Révolution, la série D au Consulat, et ainsi de suite jusqu'à la Troisième Républiques (La série A avait été consacrée par E. Vaillé, qui se montra, là encore, plus bibliothécaire qu'archiviste, aux : mémoires et travaux non publiés, rédigés à partir du fonds et des documents qu'il classait, consacrés à l'histoire des postes. Ces manuscrits, au nombre de 29 (non compris les inventaires analytiques du répertoire présent rédigés par Vaillé, qui ont été retrouvés dans cette série A, et mis ici en annexes), ont été réunis par mes soins dans le dernier carton du fon9s coté F 90 19104. Parmi ces manuscrits, signalons une analyse chronologique de documents relatifs à l'administration des postes entre 1748 et 1861 rédigée par E. Vàillé lui-même, ainsi qu'une nomenclature des différents textes législatifs concernant le service des postes entre 1786 et 1844.) . Nous avons supprimé ces sous séries, les remplaçant par une suite suivie de cotes : ainsi la sous série B est devenue F 90 19001-19038, C, F 90 19039-19041, D, F 90 19042-19043, et ainsi de suite. Chacune de ces sous séries fut en outre divisée par Vaillé en deux, une partie historique qui comprenait les documents manuscrits classés et inventoriés pièce à pièce par ses soins, et une autre, plus administrative, pour les documents comptables en ce qui concerne l'Ancien Régime (années 1742-1750), ainsi que pour les circulaires imprimées provenant des différents gouvernements depuis la fin du XVIIo siècle jusqu'à 1881, partie qu'il se contenta de classer chronologiquement, on l'a vu, sans en faire d'inventaire, jugeant suffisant d'indiquer les références au classement opéré pour les mêmes circulaires par la Bibliothèque du Ministère des PTT.

Le fonds se termine par des documents concernant les télégraphies aérienne et électrique (F 90 19095-19099), par deux cartons consacrés aux télégrammes expédiés durant la Commune de Paris (F 90 19100-19101), par trois articles de pièces "historiques ", correspondances, photos et plaques de verre, médailles, documentation et iconographie diverses, notamment à propos de la célébration du centenaire de l'invention de Chappe, et enfin manuscrits non publiés sur l'histoire de la poste, cités plus haut (F 90 19102-19104).

Comme il a été déjà mentionné, Vaillé, en un travail minutieux et méthodique, a fourni, pour les parties comprenant les documents manuscrits de chaque période, un inventaire analytique, très précis, en numérotant chaque pièce en rouge dans l'estampille du Ministère de l'industrie. Les différents auteurs de ce répertoire ont pris le parti de ne pas reprendre ni d'adapter aux normes actuelles le travail fourni par Vaillé, ce qui aurait nécessité, entre autres aménagements, la rédaction d'un index, travail impossible à fournir dans un délai raisonnable de temps, faute de personnel ; ils ont choisi, afin de mettre rapidement à la disposition des lecteurs ce fonds essentiel pour l'histoire des postes et cet énorme travail, de transférer intégralement, mais en annexes, les cahiers-inventaires rédigés par Vaillé pour chaque carton de manuscrits, en rappelant, dans l'instrument de travail actuel qui n'est qu'un répértoire, sous chaque cote, l'existence de cet inventaire détaillé en fin de volume.

Soulignons, pour finir, l'importance de plusieurs ensembles :

- les pièces comptables pour les années 1742 à 1750, soit 33 cartons, F 90 19006 à 19038, qui n'ont pas été analysés par Vaillé, mais qui constituent une prodigieuse documentation sur les recettes, les dépenses de fonctionnement, les fermes, le personnel, en ce milieu du XVIIIe siècle,.

- une documentation, département par département, départements étrangers compris, réunie en 27 cartons (F 90 19047 à 19073), sur les affaires générales des postes sous le Premier Empire, suivie d'une documentation non moins considérable sur les postes dans les armées, la Grande armée tout d'abord, et celles des campagnes d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne et du Portugal ; cet ensemble était trop important pour que Vaillé puisse en fournir un inventaire détaillé : il se contenta de le classer par ordre alphabétique des départements,

- l'importante collection, qui va de pair avec la documentation précédente, sur le personnel des armées licencié en 1814, sollicitant des emplois dans les postes civiles. Il s'agit des tout premiers dossiers de personnel que les archives conservent, et j'ai pensé que, vu le caractère exceptionnel de cet ensemble, et le fait que les séries de dossiers et feuilles de personnel ne débutent, pour les autres ministères comme pour les postes, qu'à la seconde moitié du XIXe siècle, il convenait, dans la mesure du possible, d'en fournir un inventaire détaillé. Les cartons F 90 19073, 19076, 19077, et 19078, tous consacrés au personnel des postes des armées napoléoniennes et à leur difficile réadaptation sous la Restauration, ont été pourvus par mes soins d'un inventaire détaillé qui, par souci d'unité, a subi le même sort que les travaux de Vaillé, c'est-à-dire qu'il est mentionné dans le répertoire numérique sous la rubrique de chacun des quatre cartons mentionnés ci-dessus, et reporté à la fin du volume en annexe.

- Il est inutile d'insister, enfin, .sur l'importance des télégrammes cotés F 90 19100-19101, émis durant la Commune et particulièrement durant les batailles militaires de la dernière semaine, télégrammes pathétiques qui mériteraient à eux seuls un travail de dépouillement, d'analyse, et même de publication.

Quant aux 41 cartons sur la Seconde Guerre mondiale dont il a été question plus haut, cotés 72 AJ 2220-2251, il s'agit, en une première partie, essentiellement des notes, plans de travail et correspondance échangée avec les directions départementales, en vue de la rédaction par André Paul, sous la Direction du 6° bureau (Documentation) de la direction du Budget et de la Comptabilité, d'une histoire de l'administration des PTT durant la guerre. On y trouve régions par régions des documents sur les services, leur évacuation, la mobilisation, l'exode, les mesures contre les juifs, la réorganisation, les témoignages des résistants, le bilan des victimes. La seconde partie est composée exclusivement des renseignements communiqués soit par les services de l'administration centrale ainsi que par les différentes directions, dont celle du personnel, soit par les administrations à l'échelon régional et départemental, Algérie comprise. Signalons l'intérêt des treize derniers cartons consacrés aux attaques à main armée menées, principalement en 1944, contre les bureaux de poste, classées- par départements.

L'administration des postes et télégraphes

Sous l'Ancien Régime, les attributions dévolues à l'administration des Postes se composaient de trois services séparés, réunis à partir de la Révolution :

- la Poste aux lettres, chargée des correspondances privées et publiques,

- la Poste aux chevaux qui s'occupait des relais, pour les voyages rapides,

- les Messageries, chargées des voitures publiques et des diligences.

Le décret des 26-29 août 1790 mit fin à ce système des Postes (Tout ce qui suit sur l'histoire administrative des postes est entièrement tiré du guide en préparation de Jean Yves Piboubès, sur Les archives des administrations françaises au XIXe siècle.) : il prévoyait qu'à l'expiration du bail de Poinsignon, le 31 décembre 1791, les services de la poste aux lettres, de la poste aux chevaux et des Messageries seraient désormais séparés et administrés, chacun, par une agence autonome. Le système des fermes était désormais remplacé par des agences dépendant d'un seul commissaire des Postes nommé par le roi. A dater du 10 janvier 1792, l'administration des Postes fut dirigée par un directoire des Postes qui comprenait un président et quatre administrateurs et qui désormais fit partie des attributions du ministère des Finances. Après des incertitudes administratives qui se prolongèrent jusqu'en 1804, et un retour pendant trois ans, de l'an VI à l'an VIII, au fermage, la Poste aux lettres fut confiée à une régie intéressée, dirigée par cinq administrateurs généraux. En 1804, cette administration devint une direction générale.

" Les progrès des techniques, l'apparition ou le développement d'autres moyens de communication entraînèrent une modification des attributions du service de Postes. Sous la monarchie de Juillet, le service des Messageries est chargé de la surveillance des compagnies concessionnaires des lignes de paquebot. L'essor du réseau ferré sous le Second Empire sonne le glas de la poste aux chevaux. Les derniers relais de poste disparaissent en 1872-1873. En 1878, l'administration du Télégraphe est rattachée à celle des Postes. Enfin en 1889, l'Etat rachète le réseau téléphonique qui avait été confié à la Société générale des Téléphones. Le nouveau service est intégré à la direction des Postes et télégraphes" (J.-Y. Piboubès, op.cit).

Pourtant, après le Premier Empire, les changements administratifs portèrent principalement sur l'organisation du personnel de direction, et le remplacement notamment, sous la monarchie de Juillet, du directeur général, des administrateurs et du secrétaire, par un directeur, deux sous-directeurs, au sein de ce qui devint un conseil d'administration, puis une direction générale. L'administration ne changea plus ensuite, même si la direction passa d'un ministère à l'autre, ce qui explique la permanence des archives et l'existence relativement abondante de fonds, malgré les destructions (dues notamment, on l'a vu, aux inondations, en 1910, des bâtiments de la rue de Grenelle, ainsi qu'aux nombreux déménagements),& abondance dont la preuve la plus manifeste est le versement présent.

Conclusion

On a longtemps pensé perdues à jamais les archives des Postes antérieures aux inondations de 1910 qui ont endommagé les bâtiments de la rue de Grenelle. La découverte de ces quelque cent cinquante cartons d'archives et plus spécialement des cent quatre articles qui couvrent les périodes antérieures au XXe siècle représente une chance inespérée pour les chercheurs en ce qu'elle complète heureusement les fonds engrangés, à partir de 1960, par la mission des Archives nationales auprès du Secrétariat d'Etat des PTT : elle est, en effet, le complément des archives administratives et financières que sont les délibérations des Conseils, de la Surintendance et de la Ferme générale des postes, et des décisions de l'administration, formant les articles de F 90 200001 à 20390, pour l'Ancien Régime et la Révolution ; mais surtout elle représente pratiquement la seule source d'information, non pas tant pour le Premier Empire que pour ces gouvernements vides d'archives postales que sont la monarchie de Juillet et le Second Empire. La richesse de ce qu'on pourrait appeler le "fonds Vaillé compense désormais, à notre avis, l'insuffisance, jusqu'à une époque récente, .des archives concernant les postes aux XVIIIe et XIXe siècles, par une documentation suivie et régulière sur cette administration, depuis le Grand Siècle jusqu'aux modifications techniques et administratives de la fin du siècle dernier. Pas trop abondant, mais bien organisé et inventorié grâce à E. Vaillé, ce fonds devrait permettre, du moins espérons-le, de poursuivre et compléter les recherches déjà nombreuses, il est vrai, sur les postes, mais qui pourront désormais être traitées à partir de problématiques plus diversifiées, soit sous l'angle social (notamment lès problèmes des personnels, de leurs traitements), ou technique (innovations dans les moyens de transport du courrier, dans la télégraphie), ou économique (le développement des régions), ou encore culturel (avec la vogue des études sur l'épistolaire), ou enfin en insistant sur les rapports Paris province, sur l'évolution de la dépendance politique des régions par rapport à l'Etat, sur celle de l'administration par rapport aux différents gouvernements. Si ce fonds pouvait susciter toujours et encore plus d' études historiques sur les postes, le patient travail de Vaillé n'aura pas été inutile.

System of arrangement

Notes pour servir à l'utilisation de l'inventaire 1°) Dans un dossier, les pièces, postérieures aux dates extrêmes indiquées sur la chemise du dossier et dans le répertoire, sont souvent la suite administrative d'une décision prise antérieurement. . par exemple : dans le carton Administration générale ... (F 90 19075), se trouvent des pièces datées 1823-1830, avec deux pièces datées antérieurement, 1816 et 1819. La date du carton, portée sur la chemise ou dans le répertoire, est alors indiquée comme ceci : [1816 et 1819] 1823-1830, les dates antérieures à l'ensemble de l'article étant placées dans ce cas entre [ ]. 2°) Pour le calcul des pièces, on a parfois regroupé en une seule pièce plusieurs pages détachées, mais provenant visiblement du même ensemble. 3°) Pour les pièces indiquées manquantes, il faut savoir qu'elles sont - soit au Musée de la Poste, signalées et déposées autrefois par E. Vaillé, - soit perdues, déplacées sans fiches, et dans ce cas elles sont, dans la liste en annexe, indiquées en caractère gras. 4°) Quant aux pièces intégrées après la rédaction des inventaires par Vaillé, par lui ou par d'autres, ou simplement oubliées par lui, elles portent le même numéro que la pièce précédente, mais pourvu de bis, ter, .., Elles ont été analysées et ajoutées par nous dans les inventaires analytiques rédigés par Vaillé, qui sont placés, on le rappelle, en annexes.

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Brève nomenclature des fonds annexes sur les postes conservés au Centre historique des Archives nationales

Est-ce en raison de cette abondance d'archives, et/ou à cause du déséquilibre entre les périodes antérieures au XXe siècle, sous représentées, et la période contemporaine, sur représentée, que l 'histoire des postes est bien soutenue et financée par les instances administratives et qu'elle est, de ce fait, pourvue abondamment de centres de documentations ainsi que d'instruments de recherches nombreux et performants ? Les postes disposent, en tout cas, plus que toute autre administration, de bibliographies et d'inventaires, ainsi que d'importants instruments de travail, auxquels il convient de se reporter (Avant toute recherche sur les Postes, le lecteur doit consulter deux ouvrages fondamentaux : - Pierre Nougaret, Les Sources de l'histoire postale... Guide de recherches. Paris, Editions du Musée de la Poste, 1992, 2 voL, 957 p. et 350 p. - Muriel Le Roux, Benoît Oger, "Pour une histoire de la poste aux XIXe et XX" siècles. Guide du chercheur", dans Apostille, le Bulletin du comité pour l'histoire de la Poste, n° hors série, hiver 1998/1999.) Les principaux organismes qui s'occupent de promouvoir l'histoire des postes sont les suivants :

- le Service national des archives de la Poste, en tout premier lieu, qui a hérité des attributions exercées auparavant par la mission des Archives nationales auprès du ministère des PTT ,

- le Comité pour l'histoire de la poste, qui, en plus de la publication du bulletin Apostille.après celle de la revue des PTT de France,subventionne et aide les thèses et travaux portant sur l'histoire de la Poste,

- le Musée de la Poste, créé en 1946, en cours de restauration, pourvu de riches collections de timbres, d'estampes, cartes et plans, d'une photothèque, et d'une vidéothèque,

- la Bibliothèque historique des postes et télécommunications, fondée en 1878, avec sa collection de plus de 160000 volumes, classés en deux grands fonds, PA, pour les volumes sur l'histoire de la poste, TA, pour ceux traitant de l'histoire des télécommunications.

En ce qui concerne les fonds du Centre historique des Archives nationalesqui sont à consulter parallèlement à l'ensemble des documents ici présentés, il faut se reporter impérativement à l'ouvrage essentiel de Pierre Nougaret, Les Sources de ['histoire postale.., qui non seulement présente un inventaire sélectif des deux sous séries essentielles à l'histoire des postes, F 90 et AD XIX M (nous reviendrons sur cette dernière sous série des archives imprimées), inventaire beaucoup plus détaillé que nos répertoires et que notamment l'Etat des versements des ministères,et l'Etat des fonds, (Etat sommaire des versements des ministères, Paris, Archives nationales, T. nI, p. 439-467 ; Supplément, p. 469. ; Etat général des fonds, Paris, Archives nationales, T. II, p. 411-415 ; T. IV, p. 415-416 ; T. V, p. 161-164 et p. 388-389. ; Etat des inventaires, Paris, Archives nationales, T. II, p. 152-153.)mais qui propose également un répertoire, toujours sélectif, des principaux documents sur les postes contenus dans les autres séries des Archives nationales. Outre la sous série F 90, dont l'ensemble présenté ici n'est qu'une partie minime, il faut consulter :

pour l'Ancien régime(dont nous avons vu que les sources étaient moindres) :

- E, Conseil du Roi,

- Gl, Ferme générale : Postes et Messageries,

- G7, Contrôle général des finances,

- HI, Administrations locales,

- 0 l, Maison du roi,

Toutes séries pour lesquelles, encore une fois, un premier dépouillement, pièce à pièce, a été opéré par Pierre Nougaret (Pierre Nougaret, op.cit., p. 607 et suivantes. )

pour la période révolutionnaire et le XIXe siècle :

- C et CC, assemblées nationales

- F : versements des ministères, parmi lesquels il faut insister sur les sous séries F 7 (police générale), F 12 (commerce et industrie), F 13 (bâtiments civils) et F 14 (travaux publics). La documentation est pléthorique pour la période impériale, à l'image de ce qu'elle est dans le fonds ici traité ; il ne faut donc pas oublier, si l'on s'intéresse aux postes sous le Premier Empire, de consulter la sous série AF IV.

Toutes ces séries ont également été dépouillées méthodiquement par Pierre Nougaret, en vue du repérage des pièces concernant les postes.

Mais c'est bien évidemment dans la sous série F 90 que l'on. trouvera la matière indispensable à tous travaux sur les postes. Rappelons que, pour pallier le côté succinct des états des versements et des fonds publiés par les Archives nationales, Pierre Nougaret a procédé à l'inventaire sommaire très détaillé des pièces principales des articles F 90 20001 à F 9022214, auquel il convient de se reporter, et que Catherine Bertho, historienne, autrefois conservateur chargée de la mission des Archives nationales auprès du Secrétariat d'Etat des PIT, a dressé des mêmes articles F 9020001 à 22214 un état par grands thèmes : registres de la Ferme générale des postes, budgets de la période 1922-1940, dossiers et feuilles de personnel, matériel postal, services financiers (Pierre Nougaret, op. cit, p. 656 et suivantes ; Catherine Bertho-Lavenir, " La mission des archives des PTT ; possibilités de recherche ", dans la Revue des PTT de France , n°l, 1980, p. 23-36.

En ce qui concerne les archives imprimées, déjà très nombreuses dans le fonds présent, il faut se reporter :

- pour l'Ancien Régime, à la sous série AD IX, et notamment aux articles AD IX 457-460,

- pour les périodes révolutionnaires et impériales, aux articles AD IX 560-567 (ou 563 ?)

Mais c'est pour l'ensemble du XIXe siècle que les archives imprimées sont surtout présentes aux Archives nationales, en une importante sous série entièrement consacrée aux postes, AD XIX M. On y trouve notamment :

- une collection complète des circulaires, de l'an VI à 1873,

- les Instructions générales sur le service des postes,de 1808 à 1876,

- la série complète des Bulletins mensuels de l'administration des postes,de 1855 à 1931, .

- suivie de la série des Bulletins d'information, de documentation et de statistiques,de 1932 à 1939,

- les annuaires des postes depuis 1853 jusqu'en 1941,

- les conventions postales avec l'étranger,

- les tarifs, les codes télégraphiques, ...

- des états généraux, des nomenclatures des bureaux de postes, des instructions, recueils de lois,...

Enfin il ne faut pas oublier les fonds privés d'entreprises, déposés aux Archives nationales, aujourd'hui conservés au Centre des archives du monde du travail, à Roubaix :

6 AQ : fonds Maurin,

9 AQ : compagnie générale transatlantique,

19 AQ : fonds Dailly (famille qui dirigea la poste aux chevaux de Paris de 1814 jusqu'à sa fermeture, en 1873).

Place of use

Pierrefitte
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F/90/19000-F/90/19104 - F/90/19001-F/90/19038 I. Ancien Régime
F/90/19000-F/90/19104 - F/90/19039-F/90/19104 II. De la Révolution à la IIIe République